Mais voyons, vous ne m’auriez pas reconnue,

cependant je suis réputée et honorée !

Il y a longtemps, je me suis fait voir par les Grecs, par les Romains

Ah non ! Je ne passais pas inaperçue : Aphrodite ou Vénus, au choix,

la déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté.

Très admirée, unanimement courtisée, fort convoitée.

C’est moi, Vénus, oui, c’est bien moi

 

Avec Mars – ô le beau guerrier ! – nous nous sommes aimés.

Homère prétendra que notre union fut torridement physique,

Avec Mars je n’ai jamais fauté, je n’ai jamais cédé,

l’amour oui, strictement platonique, lyrique, à l’antique.

Un jour qu’encore une fois je me refusais,

d’écervelée, il m’a traitée ! Vous entendez : Écervelée !

Moi, Vénus, la femme de tête bien plantée…

Cruellement, subitement, Arès me blesse.

Catastrophe, branle-bas de combat.

De dépit les bras m’en sont tombés

De désespoir j’en ai perdu la tête.

 

Mars et ça repart ? Bobard !

Pour recoller les morceaux, il n’y fallait pas compter, tintin.

D’autant que le jaloux Vulcain, mon légitime, veillait d’un œil au grain

et que mon état guère attirant lui convenait plutôt bien.

Dans la tourmente, mon honneur est sauf et l’essentiel préservé :

Malgré la tourmente mes seins sont restés fermes sur leurs positions

et la tunique ajustée n’a rien dévoilé de mon glorieux Parthénon.

Quel que soit l’inconfort de la situation

En toute chose chacun se doit de tirer du bon.

*** fin ***