Voici l’histoire de Juliette et Roméo chez les escargots.

Une histoire sans queue ni tête, et de leur part sans paroles.

C’était il n’y a guère, disons hier,

que chemin faisant, à leur manière, tranquillement,

à l’enterrement d’une feuille morte se rendant,

deux escargots de croisèrent dans un pré vert.

Surpris, les sourcils froncèrent, se dévisagèrent, se jaugèrent,

– ce qui, on le conçoit quand on sait où se nichent leurs yeux,

prit un certain temps –

s’apprécièrent, au diable les manières, s’enlacèrent

et sans un mot hardiment copulèrent,

puis l’heure avançant se séparèrent.

Pas un seul « c’était bon », « c’était vraiment bien ».

Chacun poursuivit son bout de chemin.

Tout est bien qui finit bien.

 

Les bigots évidemment s’offusquèrent

au spectacle de cette œuvre de chair en plein-air

et de crier, selon l’usage, haro sur la très reprochable future fille-mère.

*** fin ***

 photo Y. Gautron

 

L’épouse par le passé moult fois bafouée avait quelques revanches à prendre

– les coqs, c’est bien connu, ne sont pas des modèles de fidélité.

« Hé ! coq haut, suffit les cocoricos, tu te crois d’importance,

imaginant pouvoir encore mettre toutes les femelles en transes.

Il est inutile de gonfler exagérément ton plumage,

pauvre ami, prends-en conscience, tu n’es plus en âge.

Coq louche tu es, plus du tout coqueluche.

En voilà bien de ta part de l’insouciance.

Tu parades dans la basse-cour fier comme Chanteclerc,

Monsieur joue à l’imposant et prend de grands airs,

prétendant avoir solide bec et toutes tes dents.

Il est pourtant loin derrière toi le temps où tu troussais les croupions.

 

Terminées les folles galipettes Monsieur qui joue l’important !

Aujourd’hui tu ne saurais pas même fichu de reconnaître tes enfants

Sur qui  tu n’as jamais veillé, que tu n’as pas su éduquer, protéger. *

Qu’ils soient brouillés, à la coque ou dans une omelette.

Mon pauvre vieux, il est temps que tu songes à porter des lunettes. »

Sur ce elle s’éloigna, fredonnant une guillerette chanson

en guise d’ultime provocation :

« Viens Poupoule, viens !

Quand j’entends des chansons

Ça m’rend tout polisson… »

*** fin ***

 

 

* « Hélas on sait que de tout temps,

Les petits ont pâti des sottises des grands. »

 

La Fontaine

Les deux Taureaux et la Grenouille.

 

 

Hep !

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Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

Si pour entrer dans la carrière

il suffit, selon certain, de traverser la rue.

Pour ouvrir la barrière

la bonne recette serait d’avoir en poche les clés de saint Pierre.

 

Les combines élémentaires, ça marche !

Aussi simple que cela.

Et hop ! Le tour est joué.

*** fin ***

 

Hep !

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Il était une fois un cheval fortement contrarié

d’avoir inopinément déferré.

 

Ciel, quel grand malheur !

 

L’ongulé à sabot unique* se montrait chagrin.

Un fer en moins, dans son métier, tu n’es plus bon à rien,

juste à pointer chez les chômeurs du coin.

 

Redoutant la réforme, d’avoir à dire adieu aux picotins et labours,

il priait : « Quelle âme pieuse m’apportera un providentiel concours ? –

Rien à attendre de Léo Ferré, de ce monde n’étant plus,

tout comme Gaston Deferre, l’un et l’autre, du domaine terrestre exclus.

– Ciel, je t’en supplie, vole à mon secours.

N’y aurait-il vraiment aucun recours ? »

Qui lui répondit :

« Rends-toi clopin-clopant à Clermont-Ferrand,

Ou à Vichy, pour tenter de rencontrer le Maréchal ? »

Trop loin, pour le premier,

trop tard, pour le second. Inutile de l’envisager.

Malheur, grand malheur

pour la brave bête de labour et de labeur.

Découvrant par hasard l’égaré fer, un promeneur s’écria :

« Il se dit que cela porte bonheur ! 

Merci, Seigneur. »

s’en empara, l’empocha, puis tranquillement s’éloigna.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, énonce-t-on doctement.

Il suffit aux autres d’être providentiellement au bon endroit au bon moment.

Quant aux uns, qu’ils consentent à se résigner dignement

en attendant un plus favorable événement,

tout en conservant un fair play séant.

Patience et longueur de temps…

 

* C’est du cheval qu’il s’agit.

 

*** fin ***

N I ni, entre elle et moi, il n’y aurait plus de bavardages ?

Quid de nos persiflages sur le proche voisinage ?

 

En vérité, en vérité, je vous le dis, la pie et Bibi

étions vraiment de très chouettes amis.

Jusqu’ici..

 

Elle se pointait sur mon balcon

pour un p’tit bout de conversation.

Nous passions en revue la compagnie.

On disait sur celui-ci ceci,

sur celle-là cela.

Et toc et toc et bla bla bla.

 

Du lundi au samedi *, du monde nous faisions le tour.

On parlait de tout, de guerre et d’amour.

De la pie Fanny j’étais le roi, chaque jour

Pas seulement pour la fève du samedi soir.

 

Un certain samedi elle m’a quitté sur les coups de midi.

Je ne l’ai jamais revue depuis.

 

Sans doute se consacre-t-elle à son nid

à ses petits, à son mari – car elle en a un, pardi !

Aurait-elle fait fi de ses amis,

de Bibi, celui qui présentement se languit ?

 

Contre mauvaise fortune, bon cœur.

Si elle a trouvé un abri, sincèrement je m’en réjouis.

 

J’aurais tellement de peine à savoir ma pie sans lit.

 

*** fin ***

 

* chacun sait – et ne devrait pas ignorer – que le dimanche est consacré au Seigneur

photo Y.G

 

Naguère le bon Gaston lui plut

Il faut croire qu’elle avait mauvaise vue.

Ah ! Jeunesse ennemie. Ah ! Cruelle Nature

qui affligent les innocentes d’œillères et rendent leur avenir obscur

Aujourd’hui, tout net elle lui a dit :

« Ta vue, je ne supporte plus.

Tu n’es jamais de près rasé, un manque de tenue absolu

Je n’en peux plus de ta gueule sempiternellement grande ouverte

Tout comme ton œil fatigué, ton double menton et ton bidon,

Qu’il est loin le temps du prince charmant

Seigneur ! Avec le temps ce que tu es devenu laid

Je te l’affirme, plus rien en toi ne me plaît

C’est décidé, je plie bagage et retourne chez ma mère. »

 

Monsieur trouva exagéré le constat de la révoltée

Car entre eux physiquement à un détail près (vous voyez lequel !)

Il n’y avait guère de différences dans les apparences.

« Et toi tu me réponds que la beauté est intérieure

qu’il ne faut pas seulement juger sur l’extérieur !

Je m’en assurerai sois en certain à l’autopsie

en vérifiant que la vérité nue sort du puits

et que ce que tu déclares est vrai, gros lard !

Mais ce sera pour toi bien trop tard. »

Après avoir vidé son sac

Elle tourna casaque.

Chemin faisant, toute réflexion faite, elle se ravisa.

Après tout, pataud certes, mais amant charmant et aimant

Dans les bons moments

lui donnant satisfaction sur tous les plans

Et qu’il serait étonnant qu’elle trouva équivalent chez Maman.

Elle revint sur ses pas

et le domicile conjugal tête basse réintégra.

 

*** fin ***

 

Garde-toi, tant que tu vivras,

de juger les gens sur la mine.

 Jean de La Fontaine.

 

Hep !

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Ah ! la savoureuse histoire du colis de ce maçon

dans l’escalier du même nom…

Mais fi de la dispersion, revenons à nos moutons

Sans négliger nos brebis, eut ajouté la bergère de Domrémy.

 

Petits petits petits…

 

 

Sur la table du casino, le corbeau avait perdu gros

Twoo much est trop moche.

Enfer du jeu, cercle vicieux.

Le voilà fort démuni, n’ayant plus en poche un radis.

Adieu le luxueux train de vie !

 

Pour se refaire au plus vite une santé financière,

Il eut l’idée de s’adjoindre un efficace partenaire

Et choisit une amie pie pour régler au mieux l’affaire,

reconnue par les experts comme étant mathématiquement la plus qualifiée.

 

En connaissant un rayon,

elle allait forcément lui récupérer ses ronds

Car on sait qu’avec pie Pi on va toucher le pot

… à condition, bien entendu, de viser juste.

 

*** fin ***

Il y avait vraiment cru

Depuis le temps qu’on appelle un chat un chat,

Lui forcément il était Petit rat.

Rat, authentique, de haut en bas.

 

Rat il était donc.

 

Rat

Petit rat

Rat

Petit rat.

Mais voilà,

patatras.

 

Un jour qu’il ôtait son tutu, pris de curiosité,

de son recto il s’enquit et attentivement le scruta,

de queue, à son étonnement, point ne repéra

cette queue, objet de moquerie chez les gueux et maîtres queux

 

Petit rat s’étonna :

« Quoi ! Comme saint Thomas,

si j’en crois à ce que je vois, de queue je n’aurai pas ? »

 

Mais que ne vérifia-t-il bien avant !

Donc on lui aurait menti, raconté des histoires

bien fichu de sa poire !

 

Pas petit rat

Pas rat, hurrah !

Ah ! Ça m’ira

Ça ira, ça ira…

Sotte était sa crainte du chat

À lui les entrechats sans tracas.

Ah ! Ça lui va, ça lui va.

 

Tournez en rond, tous en rond

 

Du balai le chat,

Le ballet au petit rat.

 

Et ron et ron petit patapon.

 

*** fin ***

« Tu me fais tourner la tête

Mon manège à moi

C’est toi… »

(Air connu)

 

Qui vous dira ?

Moi, sur le champ, immédiatement

Qui vous dira quoi ?

Patience, voilà :

 

Aux beaux jours un trouble profond s’empare du tournesol

tentant dans l’immensité d’un ciel de suivre la course du soleil,

 

Le mystère est entier pour la plante en quête vitale de lumière.

L’héliotrope cela le désole d’avoir toute la journée à chercher,

de tourner et retourner la tête du matin au soir de tous côtés,

à en attraper une encéphalée, doublée d’un torticolis carabiné.

 

Il ignore ce que les écoliers eux apprennent depuis Galilée :

le soleil, nous qui le savons depuis belle lurette, ne bouge pas.

Mais pourtant ne se tient là-haut jamais au même endroit.

Le tournesol qui n’a pas fait d’études lui ne comprend pas

Plongé dans l’ignorance et l’embarras, il ne se l’explique pas !

 

Au ciel, excédé, l’un deux adressa une pressante et brève supplique :

« Coucou, dis-moi, te fixeras-tu une bonne fois pour toute ?

De grâce, vite, je crains le torticolis, réponds-moi ! »

 

— Sa prière étant faite, il entend dans la nue

Une voix qui lui parle ainsi :

Jean de La Fontaine —

 

«  Selon l’heure, toujours tu me verras en bas, en haut, puis là et ici aussi.

Cela ne dépend pas de moi… Tu dois t’y faire, à cause de la Terre, c’est ainsi.

Hé ! la grosse tête, tu m’as bien compris ? Tu me suis ? »

 

On entendit alors la grogne monter dans les rangs des plantes à haute stature.

D’ici peu les tournesols entonneront la Carmagnole.

Et là alors, gare au retour de manivelle, ça va chauffer pour le Roi-Soleil.

 

*** fin ***

Elle aurait pu se prénommer Irène

La sirène Irène, Irène sirène, ah ! ah ! ah !

Fort heureusement au ridicule elle échappa

Morgane, c’est ainsi que sa maman l’appela.

Ouf !

La belle créature s’ennuyait ferme dans les bas-fonds

Avec pour compagnie les sardines et les thons

Avertie et avisée, prudemment elle évitait celle des maquereaux

Qui ont la fâcheuse réputation de naviguer entre deux eaux.

Remontant un jour en surface, elle vit passer un bateau

Du bout des doigts, 1,2,3,4,5,6,7,8,9… à la coque elle frappa

Intrigué, un beau marinier par le hublot, un œil curieux jeta.

« Holà ! Qu’est-ce là ? Qui va là ?

 

– Matelot, par ce hublot, mate l’eau

Admire mes appas, mate l’eau matelot !

Morgane, la belle sirène, c’est moi.

si tu le veux, je suis toute à toi.

 


DR

– Troublante créature, d’une étonnante constitution,

moitié viande moitié poisson

Je ne saurais répondre à ton aimable proposition

et envisager sereinement l’acte de chair

très chère.

Avec mon respect et mes regrets, tendre Morgane :

Je dois t’avouer que suis vegan. »

La prêtresse de l’Amour dut se faire une raison

Et mettre un bémol à sa passion.

La sirène ne sait nager à contre-courant.

 

*** fin ***

 

Dernière heure.

La sirène éconduite avait pris la fuite, dépitée, le matelot ayant vivement repoussé ses avances, déclarant être résolument adepte du régime végan, ni viande, ni poisson, tout végan… Alors, consommer avec une sirène, il ne fallait pas y songer !

Cependant… Rebondissement. On nous apprend que…

 

Tourna le vent, ainsi le vent va. Le matelot changea d’idée et de cap.

Après tout, à y bien réfléchir, l’occasion était belle, pourquoi la laisser échapper !

A la tentation il céda.

 

Un péremptoire coup de sifflet, hop ! La belle refait surface.

Piquant une tête dans l’eau, l’homme du bateau, un deux trois, plouf ! la rejoint.

L’une et l’un ardents consentants s’unissent dans la chaleur torride du désir.

 

Comment résolurent-ils le problème d’organisation dans l’opération, mystère.

Les amants d’un instant sur leurs aquatiques ébats furent d’une absolue discrétion. Pas de bruit, pas de vague.

Qu’importent, ils le firent.

 

C’est ainsi qu’un jour, plus tard, un beau jour, alleluia,

La sirène fut ravie maman. le marin heureux papa.

 

Naquit de l’union un costaud rejeton que la génitrice habilla illico en matelot.

Le portrait craché du père, tout pour plaire.

Deux bras, deux jambes, doté des indispensables vitaux masculins attributs.

DR

Tout pour plaire, vraiment.
Vraiment ?

Enfin, presque.

Hélas pour lui ! de sa mère, l’enfant hérita d’une fort désagréable odeur de poisson.

 

Le pompon pour un matelot !

 

*** fin ***