De la pomme devant ses yeux chue,

charitablement Chat déplorait la condition.

Par Jeannot Lapin, avéré grignoteur de trognons,

Api eût été traitée avec infiniment moins de compassion.

photo Y.Gautron

 

« Ma pauvre amie si délicatement rebondie, que faites-vous ici ?

Un brutal coup de vent vous aura fait quitter le douillet nid ?

 

A votre présent désagrément je compatis mais n’en puis.

Telle les émigrés de Roumanie, vous vous trouvez démunie.

En cet état d’incurie, comment espérer assurer votre survie ?

 

Messire Chat, les apparences peuvent être parfois trompeuses.

« Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine. » (J. de La Fontaine)

Apprenez que jusqu’ici j’ai mené une existence prometteuse.

Le pommier m’a nourrie ; protégée des intempéries et des avanies,

j’ai paisiblement grossi et au fil du temps me suis arrondie.

 

Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, m’a enseigné une cousine poire

Me voici certes tombée bas mais à cette heure

D’ici peu, ô bonheur, me rejoindront mes trois sœurs.

 

Ce soir, gala à l’Opéra, de la saison le grand événement :

Sous le feu des projecteurs, réunies, toutes en chœur,

nous ferons l’ouverture de la Cinquième Symphonie de Beethoven.

 

POM POM POM POM

 

(Les voilà, nous y voilà ! c’est à nous les filles)

 

Pomme pomme pomme pomme

Pomme pomme pomme pomme

 

Envoyez la musique !

 

Et nous vivrons ce moment dans un fraternel grand bonheur.

 

En toute chose il faut considérer la fin. (J de La Fontaine, encore lui !)

 

Api end

 

*** fin ***

Hep !

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

 

En involontaire émule du célèbre Dagobert

J’avais passé étourdiment mon pyjama à l’envers

Je m’en suis aperçu la nuit dernière

En me grattant machinalement le derrière.

Heureusement que je suis célibataire,

dormant en solitaire dans ma tanière.

Qu’en aurait pensé une partenaire

à l’instant de prendre l’élémentaire position du missionnaire !

 

Vous, lecteurs qui ne manquez ni de bon sens ni de décence,

me conseillerez sans doute de remettre de l’ordre dans mes affaires

avec plus de pertinence.

*** fin ***

Il était une fois…

Les histoires se doivent de commencer ainsi, par le classique « il était une fois », pour ne pas dérouter les jeunes lecteurs, car cette fantaisie leur est dédiée, s’ils consentent à lâcher un instant leurs jeux vidéo à la c…

Reprenons le cours à peine engagé de l’histoire annoncée.

 

Voilà qui peut surprendre mais la pie répondait au nom de Chenette.

Toutes ne s’appellent pas Margot, loin s’en faut.

 

Ce jour-là la pie Chenette était d’humeur capricieuse.

Elle prétextait avoir les ailes en flanelle, les déclaraient douloureuses,

privée des forces essentielles pour efficacement voler à tire-d’ailes

 

Devant rendre visite courtoise à une amie voisine, la bavarde pie Pelette,

il lui fallait recourir au plus vite et au mieux à un moyen de locomotion,

rapide et peu onéreux, car elle était pressée et passablement fauchée.

 

Pour l’aller, elle opta logiquement pour une solution au pis-aller,

et jeta son dévolu sur un âne du Berry

qui broutait paisiblement dans l’immédiate prairie.

Ce n’était certes pas l’équipage le plus glorieux ni le plus rapide

mais faute de grive, même le merle doit composer avec ce qu’il a …

Mais pour revenir au nid, comment faire ?

Il fallait dès à présent y songer !

La maligne qui a plus d’un tour dans son sac, on le sait,

finira par trouver comment assurer le retour.

A chaque jour suffit sa peine et demain est un autre jour !

Pour le retour, elle ne sera pas prise de court,

elle fera au pis-retour.

 

*** fin ***

 

Hep !

 

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

Insensible à l’amour, indifférent au désir des autres.

Lui, rien que lui. Il était là et bien là son problème.

 

Par une douce journée de printemps,

sous les ombrages tout juste naissants,

près d’une mare, Narcisse savourait la douceur du temps.

C’est alors que surgit une guillerette bande de nymphettes,

des Oréades dépitées de n’avoir jamais été par lui désirées,

L’enfermant dans une tourbillonnante ronde, elles tournèrent tournèrent.

Si bien que dans le mouvement la tête de l’alangui en fit tout autant.

Beau, il se disait que vraiment il l’était.

Or, jamais il n’avait pu vérifier les on-dits.

Il devenait urgent qu’il s’en assure et vérifie.

 

Les Oréades de l’encourager et de rire et de glousser :

« Vas-y, vas-y !

Dans l’eau claire de la mare, à défaut de miroir,

contemple maintenant ton image

Il est temps enfin de découvrir ton vrai visage. »

Il se pencha.

Voilà ce qu’il espérait voir :

 

Voilà ce qu’il vit.

Il n’en fut pas ravi :

 

photo Julie O.

« Ce que tu viens de découvrir, sinistre égoïste, c’est le reflet de ton âme ! »

lui déclarèrent en s’égaillant les facétieuses petites dames.

 

Promesse d’idées noires pour de proches nuits blanches.

 

*** fin ***

Il était une fois…

De quoi, de quoi, quoi, quoi, quoi ?

Certain jour, dans l’épaisseur d’un bois très noir,

Chaperon Rouge et Lapin se croisèrent par hasard.

 

Lapin, levant son chapeau, salua civilement la juvénile promeneuse :

« Que faites-vous seulette en ces lieux ma mignonnette ?

Ignoreriez-vous que les forêts sont dangereuses pour les fillettes ?

et que nulle n’est vraiment à l’abri de rencontre malheureuse ! 

 

Je me rends chez ma Mère-Grand, une cuisinière réputée,

là-bas, au plus profond du bois, pour partager son repas du soir.

J’ai grand hâte de goûter et savourer ce qu’elle a mijoté

Mais je dois maintenant me dépêcher car j’ai pris du retard. 

 

 – Ne vous tourmentez point mon enfant, je vais l’avertir de ce pas

Je sais aller vite ; aussi, soyez sans inquiétude, elle vous attendra. »

Pour cette obligeance Chaperon vivement Lapin remercia

et sur les joues soyeuses un chaste baiser d’amitié déposa.

Quand chez Mère-Grand Chaperon se pointa à l’approche de la nuit,

dans une terrine, elle découvrit son nouvel ami, accommodé et cuit.

« Grands dieux, s’écria-t-elle effarée.

Qu’as-tu fais là, Mémé, Mémé !

C’était mon ami messager.

– Ben quoi ! c’est bien toi qui m’a parlé du développement du râble,

J’ai compris le message et l’ai appliqué.

Allez ! Bon appétit, passons à table. »

Les histoires ont une fin

Celle que vous venez de lire se résume au mot faim.

En une bouchée, puis deux, trois,

Chaperon écourta son deuil.

En somme, un chagrin en peau de lapin…

*** fin ***

 

Il en faut beaucoup pour épater un héron,

pourtant celui-là, manifestement surpris, avait l’œil rond.

L’échassier au long cou, plongé dans la stupéfaction,

– heureusement pour lui, sur ses pattes haut perché –

ne pouvait craindre dans les eaux profondes de se noyer.

«  Mais qu’est-ce ? Qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce qu’il a ? L’a une drôle de tête ce gars là… »

(sur l’air connu de feu et regretté Pierre Vassiliu)

 

L’intrigué interpella la bizarroïde créature :

« Hé ! le Pas-comme-Nous, qui donc es-tu ?

De quelles étranges contrées arrives-tu ?

Des pareils à toi par ici nous n’avions jamais vus.

Tout de fer, n’a pas un gramme de chair

et de bizarres plumes piquées dans le derrière.

Pour la gent hérons, tu représentes un mystère.

Couvert de rouille, tu nous flanques la trouille…

 

– Paix ami, je ne suis point ennemi, simplement ferraille oxydée.

Nulle raison pour vous les longs de tout partout de s’affoler et s’alarmer.

Pourquoi vous soucier outre mesure des apparences et de nos différences ?

Tel que je suis, à toi et aux tiens, j’apporte paix et tranquillité

en signifiant aux humains que cet espace aux oiseaux est réservé.

Par ma présence remarquée, vous êtes efficacement protégés. »

 

Et de citer La Fontaine :

« Garde-toi, tant que tu vivras,

De juger les gens sur la mine. »

 

Esprit en paix, héron regagna le pont, son poste d’observation

à petits pas, petits pas, petit patapon,

au grand désespoir des barbillons et gardons.

*** fin ***

 

 

 

Hep !

 

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

 

 

 

« Mon brave homme, planté sans bouger, que faites- vous ici,

depuis des heures à lorgner ce puits ?

 

-Tel que vous me voyez, j’attends que surgisse la Vérité

On dit qu’elle en sort nue, cela je ne veux pas le manquer

Je m’inquiète, m’interroge, elle tarde et se fait désirer.

Viendra-t-elle ? J’avoue commencer à sérieusement en douter…

 

– C’est le problème, elle prend son temps

Vous guettez une femme extrêmement pudique

qui ne s’offre pas facilement au public.

Lorsqu’elle se décide enfin à apparaître

Ce n’est pas pour autant qu’elle se dévoile aisément.

 

Un bon conseil, tenez vous à bonne distance

Car lorsque la Vérité éclate, prudence !

Dans l’entourage, elle fait des dégâts considérables.

Vous courrez le risque d’être déçu.

A bon entendeur, salut ! »

*** fin ***

 « Dis M’man, regarde, la drôle de bête à deux dos.

Que font-ils dans cette position les deux escargots ?

On dirait que c’est bien plus qu’un baveux bisou

Ils sont franchement dégoûtants, dis M’man !

 

Tu crois qu’ils sont amoureux, qu’ils feront des enfants ?

M’man, est-ce bien cela qu’on appelle l’accouplement

comme pour toi et Papa dans la chambre de l’appartement ? »

Maman se trouva en grand embarras, on le conçoit.

« Mes enfants, ce n’est pas aussi simple que cela,

Eux et nous sommes différents dans les ébats et leurs résultats.

 

Les gastéropodes se livrent à l’acte en silence

Tout en demeurant pudiquement dans leurs coquilles

Nous nous sommes souvent bruyants

On retire nos vêtements, on se déshabille.

Ensuite, quand c’est fini, on se lave

Eux, avant, pendant, après, ils bavent.

 

Ensuite ils pondront des œufs gluants en quantité

alors que les humains auront quelque fois des bébés.

 

Pour le reste, passons sur les détails, on verra plus tard.

A l’instant, vous qui êtes encore à l’âge tendre,

contentez-vous de la version de la rose et du chou.

 

Tout vient à point qui sait attendre, peu ou prou.

Chaque chose en son temps. »

*** fin ***

Je m’étais promis de

Je vous avais promis de

Promis une histoire prenante

Franchement haletante

J’y réfléchissais très fort

Le fond, la forme, la chute

Tout

Que ce soit – hop hop ! – bien enlevé.

Et puis boum !

L’inattention d’un moment

Je suis rentrée dans le platane

Pfft, l’histoire envolée

Le gros trou de mémoire

Le trou noir.

Alors pour l’histoire

C’est une autre histoire…

On verra plus tard

Pour un autre soir…

*** fin ***

 

 

 

Hep !

 

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

 

 

 

 

Escargot qui bave au sol et y colle

Jamais de terre vers les airs ne décolle

Et cela le désole

 

Qu’il se console !

On l’apprend à l’école que seul le benêt vole.

Ce qui ne mérite pas pour autant auréole.

*** fin ***