Il y va de bon coeur l’effronté petit oiseau

à fond la sono

Cuicuitant allègrement, prenant ses aises

Sans souci de troubler le silence de rigueur du cimetière du Père Lachaise.

Il siffle à tue-tête à en casser les oreilles

Des pensionnaires qui dans leurs cercueils du dernier repos veillent.

Il lance ses cuicuis

Sans restrictions à la foultitude des ci-gît

Do ré mi

Cuicui

Cuicui

Cuicui cuicui cuicui cuicui cuicui

Cuicui cuicui cuicui cuicui cuicui

Cuicui

Cuicui

Cuicui

Cuicui

Cuicui

Cuicui cuicui cuicui

Cuicui cuicui cuicui

Cuicui cuicui cuicui

 

Sans s’accorder de répit.

Tant et tant de gazouillis

Pour les endormis…

Peine perdue

Nul ne remue.

Bien difficile de réveiller les morts

En dépit des fanfares et roulements et commémoratives sonneries

Celui qui veille sur la flamme sous l’Arc de Triomphe

en sait quelque chose.

Alors hein ! le gazouillis d’un oiseau, pensez donc.

*** fin ***

 

Surtout ne lui demandez pas,

Surtout ne lui demandez pas, comment il en est arrivé là

Queue en l’air, tête en contrebas

Le cou entre les pattes

Dans la posture de l’acrobate

Surtout ne lui demandez pas !

Le Chat ne vous répondra pas car il ne le sait pas.

C’est arrivé bêtement sans qu’il sache pourquoi

Il ne s’y attendait vraiment pas.

D’être à l’envers le rend amer de toute évidence

Minet en est tout retourné

De l’horizontal au vertical, à 90°, d’avoir basculé

Voilà qui échappe au bon sens

Chat viré,

totalement chaviré.

N’ajoutez pas à son désarroi, surtout ne lui demandez pas,

comment il en est arrivé là.

Parmi les messieurs qui l’observent on compte plus d’un envieux

de cette queue raide dressée tel un épieu.

Cela non plus le chat contorsionniste ne le sait pas.

*** fin ***

 

Trois cadors.

D’abord Médor, ensuite Azor et encore Idor.

Trois épagneuls à l’arrière d’une camionnette,

intrigués, qui s’interrogent, s’inquiètent.

 

Du véhicule Marcel est descendu

Ni une, ni deux, ni vu ni connu, promptement il a disparu.

L’adage est vérifié : un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Les chiens, anxieux, se sentaient abandonnés.

 

« Mais où donc est-il encore parti ? »

 

L’un avance : « Sûr qu’il s’envoye son Pernod au bistrot ! »

L’autre y va de sa version : « Ou le coco monte à l’assaut de la butte à Mado. »

Le troisième : « A cette heure, il n’est pas question de foie et de fesse,

avec le curé, le bedeau et les bigots, je pense qu’il entretient sa foi à la messe. »

 

Plus tard

pour en terminer avec cette histoire,

quand revint le maître…

 

Les trois coups frappés, on vit Marcel d’un revers de main s’essuyer le menton

Remettre prestement son pan de chemise dans le pantalon

Glisser missel en poche de veston,

tel l’ouvrier à la chaîne qui, tâches accomplies,

laisse place proprette et nette en rangeant soigneusement ses outils.

 

En peu de temps, avec son expérience et une bonne organisation,

Il avait donné successivement à toutes les parties entière satisfaction.

 

Dans leurs hypothèses les bons toutous s’étaient arrêtés au bout de leur nez.

Pour l’exacte vérité, façon puzzle, il suffisait d’assembler les pièces éparpillées.

 

*** fin ***

 

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T761 Pointe de Sizun 006

Contrariée, la mer avait des vagues à lames.

Elle en avait par dessus bord que depuis si longtemps
L’insistant espadon sans relâche lui titilla le fond
Que le mérou vieux vicieux renifla ses dessous
Que le thon hâbleur provocateur lui parla sur ce ton
Que la morue profite de son hospitalité pour se dessaler… *
Et c’était aujourd’hui que le ciel passablement gris,
Les yeux dans le vague, se déclarait d’elle épris.

 » Ami, garde à l’esprit que je suis de sang bleu,
Palsambleu, noble te dis-je, et toi tu es gueux.
N’oublie jamais qu’à la mer tu dois respect et honneur,
Ne compte pas sur moi pour te redonner des couleurs. »
**

Dépité d’être rejeté, derrière les nuages,
Alors, le ciel amer, dissimula son visage.

Pendant ce temps… Indifférents et joyeux, les enfants sages
S’en donnaient à cœur-joie sur la plage.

Le ciel est gris, la mer est verte,
Laisse un peu la fenêtre ouverte. (air connu)

* etc.
** la vantarde ! ce n’est pas elle qui donne les couleurs.

 

*** / ***

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Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage.

Ce que je fis tout comme lui lorsque je fus en âge.

« Dites-nous, racontez-nous de bout en bout. »

A Paris j’ai vu
Sur une célèbre avenue, sans se soucier des passants, un homme tout nu

 T760 nu 140107 (7)

A Paris j’ai vu
En bord de Seine posant pour une revue une femme toute nue

A Paris j’ai vu
Au long des rues des dames dites de petite vertu faire le pied de grue

A Paris j’en ai vu
de toutes les couleurs, en toutes tenues,
des farfelues et farfelus avec plus ou moins de retenue.

On peut dire qu’avec tout ce que j’ai vu et revu
Jamais je n’ai été de la revue.

Loin d’être de mauvaise compagnie

elle n’aurait pu spontanément entonner l’Hymne à la Joie.

Elle n’y croyait pas, le coeur n’y était pas

Non, la mouette vraiment n’arrivait pas à être authentiquement rieuse.

On la repéra et l’éjecta de la grégaire colonie

Sans ménagement, à coups de bec, manu militari.

Chez les mouettes on ne badine pas avec l’humour

Celle-là n’en possédait pas une once, vraiment à court.

Simple question de tempérament, cela ne se commande pas

Rieuse, on l’est ou pas.

 

 T757  mouette rieuse 170120 PC 006

 

Trop sérieuse, trop frileuse, rien ne parvenait à la dérider

Jamais l’esquisse d’un sourire, le genre fâcheux de cul-coincé

 

Un jour elle écouta lors d’une campagne présidentielle

Les promesses électorales de candidats potentiels.

Et miracle ! Prise de fou-rire, les côtes pliées,

comme Charlotte, elle se marra.

Depuis, elle a retrouvé ses amies

Et en choeur elles rient, elles rient.

Plus belle la vie !

 

Ouvrez le banc – Fermez le banc.

 Le corbeau sombrait dans le désespoir

Sur le banc où il s’était posé personne ne daignait s’asseoir.

A se demander s’il était pestiféré.

 

T758 corbeau-banc 170127 L 014 (11)

 

Solitaire à en mourir d’ennui

Il se morfondait de se retrouver sans compagnie.

 

Le Ciel, qui a de bonnes oreilles, qui nous surveille et sur nous veille, l’entendit

Pris de pitié, pour chasser du corvidé les idées noires,

D’urgence dépêcha une mouette (dite rieuse)

Une deuxième, une troisième… soixante et une… et emporté dans son élan

lui en envoya exactement 100, un nombre jugé suffisant.

 

Aussitôt posées, de piailler, jacasser, d’une intarissable faconde

Incapables de se tenir coites ne serait-ce qu’une seconde.

 

Maître Corbeau très vite s’en lassa.

A coups de bec, sans ménagement, l’une après l’autre,  les chassa.

De la première à la dernière. Du vent, la volière !

Les chassa, toutes, jusqu’à 100.

 

C’est ainsi qu’il se retrouva sur son banc sans.

***/***

 

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Nous étions un trio vraiment détonnant.
Moi et eux, un saumon et un hareng
Tous trois unis tels joyeux cochons en foire
Moi à os et pattes, eux à arêtes et nageoires.

Tous les chemins dit-on mènent à Rome
Certains hélas ! à de funestes fumeries d’opium.
Si nous y entrâmes sains, mes amis en sortirent saurs.

T558 hareng 21228 (26)

J’y perdis ainsi mes chers bons compagnons :
définitivement fumés, ils le furent pour de bon.

C’est alors que je décidai d’arrêter de fumer.

 

« Selle ô ma selle

Dis-moi que je suis la plus belle
La plus parfaite de tous les athlètes adeptes
De la bicyclette.
Sous ton masque de cuir
Tu ne dois ni sourire ni mentir
Prends donc cette peine
De me confirmer que je suis bien la petite reine.

160508  MC 006 (5)

–         Reine, belle petite reine toute de beauté

Je crains que vous ne vous mépreniez.
N’allez point croire que je sois impartial miroir.
Je ne suis qu’un trône confortable un peu spécial
Conçu pour mieux appuyer sur les pédales.
Néanmoins, bon sujet, je me soumets et donnerai ma sanction.
Installez-vous et prenez place pour un fesses à face
En attendant le verdict implacable de la glace. »

 

 

T755 deux chats

photo Yveline Gautron

 

 » Dis Minou, vieux matou,

T’aurais pas comme un coup de mou ?

Tu attends quoi ? le 31 février

pour me rejoindre dans le grenier ?

 

Monte vite m’embrasser et m’enlacer.

Viens avec moi te rouler dans le foin et la  paille

Que nous célébrions comme il convient nos épousailles.

 

Prends ton élan et d’un coup de rein

Comme une fleur tu es à ma hauteur

Et d’un autre tu calmes illico mes ardeurs

 

– Holà, Minette,tout doux, tu as vu l’échelle ?

Je ne suis qu’une bestiole à quatre pattes, pas un acrobate

Et je n’ai pas l’échine souple d’un maître du barreau !

Dis-moi, il installe quand l’ascenseur le proprio ?

Je ne tiens pas à me retrouver cul par terre

Et endommager gravement mes lombaires

Tout ça pour une partie de pattes en l’air. « 

 

Tout plaisir à son juste prix à payer, conformément à la loi du marché.

Dans cette histoire, l’hélant propose et l’hélé dispose.

C’est à lui de voir !

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