Insensible à l’amour, indifférent au désir des autres.

Lui, rien que lui. Il était là et bien là son problème.

 

Par une douce journée de printemps,

sous les ombrages tout juste naissants,

près d’une mare, Narcisse savourait la douceur du temps.

C’est alors que surgit une guillerette bande de nymphettes,

des Oréades dépitées de n’avoir jamais été par lui désirées,

L’enfermant dans une tourbillonnante ronde, elles tournèrent tournèrent.

Si bien que dans le mouvement la tête de l’alangui en fit tout autant.

Beau, il se disait que vraiment il l’était.

Or, jamais il n’avait pu vérifier les on-dits.

Il devenait urgent qu’il s’en assure et vérifie.

 

Les Oréades de l’encourager et de rire et de glousser :

« Vas-y, vas-y !

Dans l’eau claire de la mare, à défaut de miroir,

contemple maintenant ton image

Il est temps enfin de découvrir ton vrai visage. »

Il se pencha.

Voilà ce qu’il espérait voir :

 

Voilà ce qu’il vit.

Il n’en fut pas ravi :

 

photo Julie O.

« Ce que tu viens de découvrir, sinistre égoïste, c’est le reflet de ton âme ! »

lui déclarèrent en s’égaillant les facétieuses petites dames.

 

Promesse d’idées noires pour de proches nuits blanches.

 

*** fin ***

Il était une fois…

De quoi, de quoi, quoi, quoi, quoi ?

Certain jour, dans l’épaisseur d’un bois très noir,

Chaperon Rouge et Lapin se croisèrent par hasard.

 

Lapin, levant son chapeau, salua civilement la juvénile promeneuse :

« Que faites-vous seulette en ces lieux ma mignonnette ?

Ignoreriez-vous que les forêts sont dangereuses pour les fillettes ?

et que nulle n’est vraiment à l’abri de rencontre malheureuse ! 

 

Je me rends chez ma Mère-Grand, une cuisinière réputée,

là-bas, au plus profond du bois, pour partager son repas du soir.

J’ai grand hâte de goûter et savourer ce qu’elle a mijoté

Mais je dois maintenant me dépêcher car j’ai pris du retard. 

 

 – Ne vous tourmentez point mon enfant, je vais l’avertir de ce pas

Je sais aller vite ; aussi, soyez sans inquiétude, elle vous attendra. »

Pour cette obligeance Chaperon vivement Lapin remercia

et sur les joues soyeuses un chaste baiser d’amitié déposa.

Quand chez Mère-Grand Chaperon se pointa à l’approche de la nuit,

dans une terrine, elle découvrit son nouvel ami, accommodé et cuit.

« Grands dieux, s’écria-t-elle effarée.

Qu’as-tu fais là, Mémé, Mémé !

C’était mon ami messager.

– Ben quoi ! c’est bien toi qui m’a parlé du développement du râble,

J’ai compris le message et l’ai appliqué.

Allez ! Bon appétit, passons à table. »

Les histoires ont une fin

Celle que vous venez de lire se résume au mot faim.

En une bouchée, puis deux, trois,

Chaperon écourta son deuil.

En somme, un chagrin en peau de lapin…

*** fin ***

 

Il en faut beaucoup pour épater un héron,

pourtant celui-là, manifestement surpris, avait l’œil rond.

L’échassier au long cou, plongé dans la stupéfaction,

– heureusement pour lui, sur ses pattes haut perché –

ne pouvait craindre dans les eaux profondes de se noyer.

«  Mais qu’est-ce ? Qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce qu’il a ? L’a une drôle de tête ce gars là… »

(sur l’air connu de feu et regretté Pierre Vassiliu)

 

L’intrigué interpella la bizarroïde créature :

« Hé ! le Pas-comme-Nous, qui donc es-tu ?

De quelles étranges contrées arrives-tu ?

Des pareils à toi par ici nous n’avions jamais vus.

Tout de fer, n’a pas un gramme de chair

et de bizarres plumes piquées dans le derrière.

Pour la gent hérons, tu représentes un mystère.

Couvert de rouille, tu nous flanques la trouille…

 

– Paix ami, je ne suis point ennemi, simplement ferraille oxydée.

Nulle raison pour vous les longs de tout partout de s’affoler et s’alarmer.

Pourquoi vous soucier outre mesure des apparences et de nos différences ?

Tel que je suis, à toi et aux tiens, j’apporte paix et tranquillité

en signifiant aux humains que cet espace aux oiseaux est réservé.

Par ma présence remarquée, vous êtes efficacement protégés. »

 

Et de citer La Fontaine :

« Garde-toi, tant que tu vivras,

De juger les gens sur la mine. »

 

Esprit en paix, héron regagna le pont, son poste d’observation

à petits pas, petits pas, petit patapon,

au grand désespoir des barbillons et gardons.

*** fin ***

 

 

 

Hep !

 

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

 

 

 

« Mon brave homme, planté sans bouger, que faites- vous ici,

depuis des heures à lorgner ce puits ?

 

-Tel que vous me voyez, j’attends que surgisse la Vérité

On dit qu’elle en sort nue, cela je ne veux pas le manquer

Je m’inquiète, m’interroge, elle tarde et se fait désirer.

Viendra-t-elle ? J’avoue commencer à sérieusement en douter…

 

– C’est le problème, elle prend son temps

Vous guettez une femme extrêmement pudique

qui ne s’offre pas facilement au public.

Lorsqu’elle se décide enfin à apparaître

Ce n’est pas pour autant qu’elle se dévoile aisément.

 

Un bon conseil, tenez vous à bonne distance

Car lorsque la Vérité éclate, prudence !

Dans l’entourage, elle fait des dégâts considérables.

Vous courrez le risque d’être déçu.

A bon entendeur, salut ! »

*** fin ***

 « Dis M’man, regarde, la drôle de bête à deux dos.

Que font-ils dans cette position les deux escargots ?

On dirait que c’est bien plus qu’un baveux bisou

Ils sont franchement dégoûtants, dis M’man !

 

Tu crois qu’ils sont amoureux, qu’ils feront des enfants ?

M’man, est-ce bien cela qu’on appelle l’accouplement

comme pour toi et Papa dans la chambre de l’appartement ? »

Maman se trouva en grand embarras, on le conçoit.

« Mes enfants, ce n’est pas aussi simple que cela,

Eux et nous sommes différents dans les ébats et leurs résultats.

 

Les gastéropodes se livrent à l’acte en silence

Tout en demeurant pudiquement dans leurs coquilles

Nous nous sommes souvent bruyants

On retire nos vêtements, on se déshabille.

Ensuite, quand c’est fini, on se lave

Eux, avant, pendant, après, ils bavent.

 

Ensuite ils pondront des œufs gluants en quantité

alors que les humains auront quelque fois des bébés.

 

Pour le reste, passons sur les détails, on verra plus tard.

A l’instant, vous qui êtes encore à l’âge tendre,

contentez-vous de la version de la rose et du chou.

 

Tout vient à point qui sait attendre, peu ou prou.

Chaque chose en son temps. »

*** fin ***

Je m’étais promis de

Je vous avais promis de

Promis une histoire prenante

Franchement haletante

J’y réfléchissais très fort

Le fond, la forme, la chute

Tout

Que ce soit – hop hop ! – bien enlevé.

Et puis boum !

L’inattention d’un moment

Je suis rentrée dans le platane

Pfft, l’histoire envolée

Le gros trou de mémoire

Le trou noir.

Alors pour l’histoire

C’est une autre histoire…

On verra plus tard

Pour un autre soir…

*** fin ***

 

 

 

Hep !

 

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

 

 

 

 

Escargot qui bave au sol et y colle

Jamais de terre vers les airs ne décolle

Et cela le désole

 

Qu’il se console !

On l’apprend à l’école que seul le benêt vole.

Ce qui ne mérite pas pour autant auréole.

*** fin ***

 

 

Tout le charme de l’Extrême-Orient se reflétait sur son petit écran.

 

« Ciel ! mais que je suis belle. », constata-t-elle.

Satisfaite, elle entonna une aimable ritournelle :

« Comme je m’aime, comme je m’aime.

Et je veux qu’on m’aime, tout autant que je m’aime. »

 

Ayant appris naguère dans les livres sacrés

que les dieux aidaient volontiers les désemparées,

opportuniste, elle leur adressa une pressante requête :

« Dieux du Ciel, accordez-moi votre divin concours.

Que mon vœu soit exaucé si possible dès ce jour. »

 

La céleste compagnie, désigna un des leurs, fort réputé,

– dans un milieu hélas ! d’une déplorable qualité acoustique –

pour satisfaire au mieux et au plus vite la charmante Asiatique

 

Elle s’aime !

Elle veut qu’on l’aime ?

Il n’y a pas de problème !

 

« Ma chère enfant, message reçu, nous t’avons entendue.

Je t’en assure, on va t’aimer, tu seras aimée,

toi qui est belle à croquer, je le veux, nous le voulons,

tu veux qu’on t’aime, soit, tu seras nem. »

 

Il le fit. Elle le fut.

 

Dans le souci du travail bien fait, le dieu l’interrogea :

« Alors, satisfaite ? »

La réponse ne se fit pas attendre :

«  Quoi ! ll n’y a donc plus qu’en Darty qu’on puisse faire confiance,

Vous, les Éminents, vous m’avez bel et bien roulée. » 

 

*** fin ***

et aujourd’hui consulter exceptionnellement une version particulière de ce texte sur le thème de La Beauté sur le Blog Le Réveil (Over Blog) sous le lien www.lereveil.info

 

Si vous aviez pu voir… Si vous aviez pu voir…
… Voir comme il se languissait dans son Paradis
sans compagne, sans compagnon, sans compagnie !

Dans les jardins de l’Eden, notre père Adam tournait en rond.
Indéniablement quelque chose clochait, quelqu’un manquait.
Allez savoir : une ou un, mais quoi, mais qui, cela il l’ignorait.
Comment l’aurait-il su, lui, premier homme, novice en tout domaine.

Au coin du bois, il fut un jour brusquement surpris.
L’âge venu, une taraudante sève en lui montait.
Qu’était-ce donc que ce membre qui grossissait ?
Que faire, avec qui, avec quoi, un, une, avec lui ?

Faute de Maman, il n’avait pas reçu d’éducation sexuelle
et son suprême géniteur avait négligé sur le sujet l’essentiel…

A ses lamentations et longs sanglots
répondit un lointain écho venu de très haut :

« Que veux-tu ? Juste une aventure ou une liaison qui dure ?
– Je veux une femme pour tenir le ménage, docile et bonne au lit.
Une bien vigoureuse, courageuse, pas le genre tire-au-flanc. *
Y a-t-il parmi vous un dieu avisé qui saura me sortir de l’embarras. »

Pendant son profond sommeil dans le Jardin des Merveilles,
lestement, au couteau, un dépêché céleste lui ouvrit le flanc.
C’est ainsi que d’un morceau divinement prélevé naquit Ève.

DR

A son réveil, considérant la sanguinolente côtelette,
Adam s’écria : « Mazette, cela n’a ni queue ni tête !
Un os court ? Au secours ! Il y a loin de l’Eve à l’Adam…
Dites-moi comment m’y prendre pour l’entreprendre ?

– Attends un peu, n’en fais pas tout un plat, sache faire preuve de patience,
Avant de t’attaquer gaillardement au plat de résistance,
laisse quelque temps raisonnable la viande reposer.
Cela n’en sera que meilleur au moment de consommer. »

*** fin ***

* Il ne croyait pas si bien dire !

Voici l’histoire d’un plaisant pivert

Qui certain jour décida de jouer au plus fin avec ses voisins.

 

La moquerie est le moindre défaut du pivert

qui par ailleurs n’est pas détestable compère.

 

 

L’emplumé avait avec grand soin préparé sa liste de facéties

Une large panoplie destinée à se moquer notamment des pies

dont le nom, il est vrai, se prête volontiers aux plaisanteries.

Oui, inévitablement il allait bien se marrer…

Du bout du bec, il toqua à l’huis des pies.

Toc toc toc. On lui ouvrit.

Illico il enchaîna du tac au tac :

« Bonjour, je suis à la recherche d’une certaine Madame Pie

dont j’ai, veuillez m’en excuser, à l’instant oublié le nom précis.

Pie Rogue, pie Rate, pie Crate, ou pie Tagor, désolé pour l’oubli. »

Le bavard à gros bec tomba… sur un bec.

 

« Ici, habite Madame Pie 3,1415926…

C’est peut-être celle que vous cherchez

Je vais volontiers de ce pas plus amplement me renseigner.

Dans un instant je vous donnerai son exacte identité

Si vous voulez bien patienter un moment. »

L’attente fut longue

On l’imagine aisément.

Quand on se lance dans la frime,

Mieux vaut choisir avec soin ses victimes.

*** fin***