Maître héron au long bec emmanché d’un long cou, etc.

Le fervent émule d’Ésope, l’a écrit et décrit :

Cessons l’énumération ; chez le héron, de bas en haut, tout est long,

tenait fermement entre ses pattes un fromage tout rond,

dérobé il y avait peu dans une ferme de proche voisinage.

 

Avertissement :

Il arrive qu’on se mélange dans les fables du célèbre Jean, homme à fables affable.

 

Ce héron, dis-je, examinant son butin, s’interrogeait,

dubitatif devant l’inconnue et surprenante capture,

pour un volatile de son genre, si peu coutumière.

 

D’un fromage, que faire, qu’en faire, qu’allait-il faire de cela, de ceci ?

La pâte malaisée à becqueter ne se prêtait guère à satisfaire ainsi son appétit !

 

Un renard en maraude dans les parages, proposa de le tirer d’embarras :

« Mais cher ami, que fabriques-tu là avec ce frometon,

toi qui apprécies tant les menues bestioles, colimaçons et poissons ?

Reconnais que ce n’est point nourriture pour la gent de ton nom !

Ce fromage ? Dis-moi, qu’est-ce donc, je suis en absolue confusion,

Au fait , doit-on dire reblechon ou reblochon ? Telle est la question ! »

 

L’emplumé haut perché, perplexe, se gratta le menton

– Il semblerait que cela aide amplement à la réflexion –

Que pouvait–il en savoir lui le piètre expert en matière fromagère

Imprudemment il en lâcha sa proie.

 

D’un bond, le rusé s’en empara, détala et illico s’en régala.

Salut la compagnie !

 

Le dupé, avec un temps de retard, jura mais un peu tard,

qu’au jeu des devinettes on ne l’y prendrait jamais plus,

que désormais, il vérifierait de plus près l’appellation,

et trouverait la paix judicieusement dans le choix du port-salut.

De sa mésaventure, héron avait retenu la leçon : à bon entendeur, salut !

.… fin .…