Il était une fois…

De quoi, de quoi, quoi, quoi, quoi ?

Certain jour, dans l’épaisseur d’un bois très noir,

Chaperon Rouge et Lapin se croisèrent par hasard.

 

Lapin, levant son chapeau, salua civilement la juvénile promeneuse :

« Que faites-vous seulette en ces lieux ma mignonnette ?

Ignoreriez-vous que les forêts sont dangereuses pour les fillettes ?

et que nulle n’est vraiment à l’abri de rencontre malheureuse ! 

 

Je me rends chez ma Mère-Grand, une cuisinière réputée,

là-bas, au plus profond du bois, pour partager son repas du soir.

J’ai grand hâte de goûter et savourer ce qu’elle a mijoté

Mais je dois maintenant me dépêcher car j’ai pris du retard. 

 

 – Ne vous tourmentez point mon enfant, je vais l’avertir de ce pas

Je sais aller vite ; aussi, soyez sans inquiétude, elle vous attendra. »

Pour cette obligeance Chaperon vivement Lapin remercia

et sur les joues soyeuses un chaste baiser d’amitié déposa.

Quand chez Mère-Grand Chaperon se pointa à l’approche de la nuit,

dans une terrine, elle découvrit son nouvel ami, accommodé et cuit.

« Grands dieux, s’écria-t-elle effarée.

Qu’as-tu fais là, Mémé, Mémé !

C’était mon ami messager.

– Ben quoi ! c’est bien toi qui m’a parlé du développement du râble,

J’ai compris le message et l’ai appliqué.

Allez ! Bon appétit, passons à table. »

Les histoires ont une fin

Celle que vous venez de lire se résume au mot faim.

En une bouchée, puis deux, trois,

Chaperon écourta son deuil.

En somme, un chagrin en peau de lapin…

*** fin ***