T755 deux chats

photo Yveline Gautron

 

 » Dis Minou, vieux matou,

T’aurais pas comme un coup de mou ?

Tu attends quoi ? le 31 février

pour me rejoindre dans le grenier ?

 

Monte vite m’embrasser et m’enlacer.

Viens avec moi te rouler dans le foin et la  paille

Que nous célébrions comme il convient nos épousailles.

 

Prends ton élan et d’un coup de rein

Comme une fleur tu es à ma hauteur

Et d’un autre tu calmes illico mes ardeurs

 

– Holà, Minette,tout doux, tu as vu l’échelle ?

Je ne suis qu’une bestiole à quatre pattes, pas un acrobate

Et je n’ai pas l’échine souple d’un maître du barreau !

Dis-moi, il installe quand l’ascenseur le proprio ?

Je ne tiens pas à me retrouver cul par terre

Et endommager gravement mes lombaires

Tout ça pour une partie de pattes en l’air. « 

 

Tout plaisir à son juste prix à payer, conformément à la loi du marché.

Dans cette histoire, l’hélant propose et l’hélé dispose.

C’est à lui de voir !

*** /***

Je vous invite et engage (courtoisement) à lire et apprécier la version d’Alain Gautron, au Rêve Bleu

http://alain.apln-blog.fr/

et celle de notre nouvelle associée Océanique

en cliquant sur

http://Oceanique.eklablog.com

 

 

De mémoire, jamais personne ne lui avait accordé considération et admiration

L’âne, ce qu’il estimait être franche injustice, ça le rendait grognon

– ce qui pourrait expliquer son proverbial caractère de cochon (!) –

Jusqu’à le reprocher injustement au voisin du moment un papillon

D’une beauté telle que de ses semblables certains faisaient collection.

 

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Le bourricot enrageait, s’en prenant à l’innocent qui placidement butinait.

« Tu es gracieux, ton vol est léger, tu as de belles couleurs, je te l’accorde

Quand tu te poses tu n’insultes pas la beauté des fleurs, cela je le sais

Mais fragile créature, misérable sans oreilles, sans pattes, sans cou ni croupe,

Le moindre souffle de vent au loin inexorablement t’emportera vers le néant.

Peu me chaut les éléments, la précarité, la fragilité, je ne connais pas !

Vois comme je suis fort et solidement planté sur mes quatre sabots.

De plus tu es réduite au silence, bien incapable de donner de la voix.

Ecoute à l’instant combien mon organe est puissant : hi han hi han ! »

 

Le papillon répondit à sa façon, par signes, sans élever le ton :

« Tends tes grandes oreilles et écoute-toi, ton braiment n’est guère mélodieux,

A t’entendre te manifester, de mon sort je déclare être heureux

Muet soit ! mais contrairement à toi, je n’ai pas à faire l’âne pour avoir du son ! »

Bien que privé de denture, du papillon la répartie fut incisive et mordante.

Le comble : être grillé par un flambé !

 

L’âne, profil bas, mit illico en sommeil son ego et se promit de mesurer à l’avenir ses propos.

Cela vaut avis à qui se lancerait inconsidérément dans l’invective avec de gros sabots.

*** fin ***

Et ne manquez pas la version d’Alain Gautron (le Rêve Bleu)

http://alain.apln-blog.fr/

 

 Allongée, nue, était-ce bien toi, toi la Toinon ?

Dis-moi oui, dis-moi non !

Crénom, sais-tu bien qu’on voyait ton buisson,

M’enfin ! Un peu de pudeur, tu aurais dû couvrir ta toison !

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 Sur le bois surchauffé des lattes, ô merveille,

Tu te donnais voluptueusement au soleil

Immobile, sans roulis ni tangage dans ton corps sage.

 

Phoebus te lardait de ses rayons ardents.

Mettant du cœur à l’ouvrage, en cadence, bien à l’oeuvre,

Hissez les couleurs ! A l’abordage ! Hardi à la manœuvre.

 

Que les dieux du ciel soient bénis.

Oui, oui.

 

Consentante, soumise, langoureusement tu t’es offerte

A ta fourche  une blanche corolle s’est ouverte.

Voyant qu’elle allait s’échapper, tu as gémi : « Ma fleur ! Ma fleur ! »

– bien évidemment, complice, tu n’allais pas crier : « Au voleur, au voleur ! » 

 

Témoin discret de la scène,

jusque là s’étant bien gardé de troubler les ébats,

Alexandre du mât s’écria : « Marguerite, Marguerite, ne nous quitte pas ! »

 

Erreur sur la personne. Pas Marguerite, Toinon, Toinon !

 La réalité dépasse parfois et souvent l’affliction.

 

Notre pays est en état d’urgence.

Mais il y a aussi urgence pour les contes d’autrefois.

Urgence et nécessité absolue de les revisiter, dépoussiérer, les réactualiser.

 

Liberté, égalité, fraternité, vive la République.

Oust ! les rois et les reines de jadis, du balai les parents indignes qui malmènent leur innocente descendance. Arrachons sans état d’âme les dents des vilaines sorcières et des ogres gloutons, brisons les baguettes des malfaisantes fées et secouons sans façon les princes charmants dans leurs interventions déplorablement nonchalants.

Ils sont lents, ils prennent leur temps. Bourrons-les de vitamines C, gavons-les, qu’ils affirment ostensiblement leur virilité – y a des trous à combler. Songez – quel scandale ! –  que certaines princesses durent attendre 100 ans avant que Monsieur daigne pointer son nez et le reste.

Sur les uns et les autres, on ne nous a pas tout révélé.

Moi, je sais. Et vais vous dire.

Débutons par l’innocente Blanche-Neige, la protégée des 7 nains – Cendrillon et le Chaperon, plus tard y passeront, chaque chose en son temps.

Taraudante interrogation depuis des générations. La vraie question, l’essentielle en fait, ne nous voilons pas la face. La pure Blanche-Neige, oui ou non, aura-t-elle fait le grand saut avec un de ceux qui rentraient en chantant du boulot, armés de pelle et de seau ?

Si oui, mais qui donc fut l’élu, l’heureux gagnant du tirage, s’interrogeait-on ?

Avant d’aller plus avant, il y est bon de rafraîchir les mémoires, nos mémoires d’enfant, c’est si loin tout cela !

Entre les parents de l’héroïne, ce n’était pas l’amour fou. Une mère acariâtre et  narcissique, son royal époux mou d’un peu partout.

Ordre est donné, car la jeune fille par sa juvénile beauté porte ombrage à la reine  qui veut demeurer la plus belle, de l’éloigner, de l’entraîner au loin et l’exécuter. De s’en débarrasser.

Le dossier est confié à un chasseur qui, au fond de lui brave homme, pris de scrupule et de pitié, l’épargne et dans la forêt l’abandonne.

B-N (gagnons un temps qui nous est précieux), prise de court, a pour tout maigre bagage une brosse à dents et deux strings.

Pour survivre, c’est léger, la voilà bien ennuyée.

Perdue, sans GPS, l’héroïne découvre une maisonnette, si petite que pour y pénétrer elle doit baisser la tête. Faut-il s’en s’étonner ? Non, car nous nous savons qu’il s’agit de la modeste habitation des nains – des personnes de petite taille, en politiquement correct.

En leur absence, elle entre et fait le tour du propriétaire. Salon, cuisine, commodités et la chambre commune avec 7 lits. Tout est inspecté. Le lieu plait, bien que la dimension des toilettes posa un léger problème  Faute de grive, on mange des merles.

N’ayant guère le choix, elle décide de provisoirement y séjourner. On verrait après pour les formalités.

Prêts ? Le récit débute ici.

 

Blanche Neige

Il était une fois… – car on se doit de toujours commencer les contes ainsi : il était une fois.

Le jour déclinait, rentrèrent au logis les Nains, en file indienne, par rang de taille, ou presque.

« Ciel ! s’exclamèrent-ils d’une seule voix, une princesse en notre logis, et voyez comme elle est jolie, jolie. » La chair fraîche ne ravit pas seulement les ogres…

Après qu’elle se fut expliquée, ils acceptèrent sa présence sous réserve de menus services d’ordre ménager à rendre et la prièrent de s’installer confortablement pour une semaine en attendant que s’arrangent ses affaires.

Oui mais, 8 pour 7 lits ? Comment faire, que faire pour que la morale soit sauve, qu’il n’y ait pas de jaloux, bien que les uns et l’autre soient novices et sans vice ?

La bienséance serait d’attribuer une couche à l’invitée ! Soit, ils en convinrent et admirent (du verbe admettre). On s’organisa. Chaque nuit, un des nains changerait de lit et serait hébergé par un nain cousin.

Or, la discrète B-N avait d’autres idées en tête, et pas uniquement en tête.

Il en alla tout autrement.

Notre ingénue n’était plus en âge d’être sage. Depuis quelque temps elle se réveillait en nage, dans un lit qui n’avait été que roulis et tangage.

Quoi ! Sans rivale, avec tous ces messieurs à portée de main, même nains, il ne se passerait rien !

On n’allait pas attendre ce fichu prince charmant qui se faisait désirer…

7 nuits, un délai raisonnable pour arriver à ses fins, estima-t-elle, assouvir sa faim.

La nuit tombe, il est l’heure de se retirer et de passer au lit.

Lundi. A tout seigneur, tout honneur. Elle se réfugie auprès du très sérieux Prof, doyen de la bande. Plus versé dans l’explication de texte que le sexe. Prolixe, il parla, parla théorie, jusqu’au petit matin mais fut incapable de passer à la pratique.

Mardi. Nouvel essai, son choix : Simplet. Qui, dépassé, sur l’objet, la finalité, n’y comprit rien de rien et fut incapable de trouver le bon chemin. Mauvaise pioche, ce qui est fâcheux pour un mineur.

Mercredi, Atchoum. Catastrophe.  Il secoua la Belle comme un prunier à force d’éternuer. « A vous souhaits, à vos souhaits… » Quant aux souhaits de l’ingénue, il fut bien en peine d’assurer.

Jeudi, au tour de Grincheux, un fâcheux, qui à chaque proposition par principe répondra :  non et non et non et grognera comme un cochon. Se glissant sous l’édredon, toujours bougon, exigeant qu’on lui fiche la paix, refusa de  s’occuper du tendron.

Vendredi, on s’acheminait vers la fin du séjour.  Au tour de Timide, devant la teneur du dossier évidemment paralysé. Comme prévisible, le fiasco au dodo.

Samedi. Faites vos jeux. Game is ovaire. Joyeux ! Blague sur blague, éclats de rire. Des blaguettes mais pour le tour de baguette magique, bernique.

Enfin. Dormeur, le dernier. A peine allongé, il se livra  voluptueusement aux délices de sa nature profonde.

C’était raté, râpé.

A la frustrée, puisque la cavalerie n’arrivait pas, consciente qu’elle ne pourrait décidément compter sur les Nains, ne restait, piètre consolation, que sa main. *

 

Ce point éclairci, la suite présente moins d’intérêt.

Vous pouvez maintenant retourner à votre version classique.

 

Virginité par force préservée, en partie responsable mais bénéficiaire, le Prince Charmant ne saura prétendre à indemnités.

Pour faire pardonner son absence,

peut-être lui offrira-t-il judicieusement la célèbre petite robe noire de Guère-Nain ?

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*** fin ***

 

Les garçons y allaient franco pour gravir le coteau

– Appelons-les Mateo et Ludo, Jules et Jim, Rachid et Mouloud

Qu’importe, cela n’a pas vraiment d’importance car on n’y reviendra pas,

Mais des noms, à un récit, reconnaissez que cela donne de la consistance.

 

T749 les ados 121028 (14)

Qu’avaient-ils à faire de si urgent sur le versant descendant ?

Jeter du pain aux canards de la mare tout simplement

Ou bien fumer un pétard à l’abri des regards ?

Comment savoir ce qui se passe dans une tête d’ado !

 

Arrivés à la crête du talus, en direction de l’inconnu,

Ils ont basculé, disparu

Je les ai perdus de vue

La suite, honnêtement, je ne saurais en dire plus.

Peut-être qu’Alain Gautron, mon émérite partenaire littéraire,

lui le sait pour de ses yeux l’avoir vu…

Si vraiment vous êtes un lecteur curieux,

voilà une belle occasion d’aller aujourd’hui lui rendre une visite,

Sans oublier naturellement de le saluer de ma part.

Surtout, surtout, après le détour, à votre retour,

N’oubliez pas de me livrer le fin mot de cette histoire.

C’est toujours frustrant de ne pas savoir !

*** / ***

Le rêve bleu d’Alain Gautron à visiter : http://alain.apln-blog.fr/

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Germaine et Roger en terrasse sur le dos allongés

Vers la nue le doigt de pied orienté

Peinards côté panards, zen attitude de la beaufitude de bronzés

En position idéale pour, croyent-ils, d’en bas le ciel scruter

La jambe telle un télescope sur le genou fichée.

 

En plein jour Roger tente de repérer la lune.

Autant chercher midi à 14 heures !

 

Monsieur, c’est navrant, néglige Madame

Germaine s’ennuie, se languit, se pâme et réclame.

 

« Pour apaiser mes chaleurs, tu n’as nul besoin d’un télescope

Ne cherche pas plus loin, sors plutôt ton périscope.

Faudrait voir plus loin – mais pas trop – que le bout de ton pied et de ton nez

Ne sais-tu pas qu’à portée de main il y a l’amère de la tranquillité à sonder ? »

 

Allo Houston , nous avons un problème.

 


Il était résolument chaud,

elle resta froide.

Pourquoi ?

 T747 le bouc

Sans tenir de propos alambiqués,

ainsi répliqua franco la bique au bouc :

 

«  Le Créateur a été victime d’une panne de secteur

Quand à la conception Il t’a collé cette suffocante odeur !

Par les cornes de Belzébuth,

Que tu pues, que tu pues…

 

Par la barbe à papa

Par toutes les gommes arabiques d’Afrique

Le voilà bien le hic :

Tu pues, tu pues…

 

Tu fus enveloppé d’un discret parfum de violette

Que je n’eus pas dit non à des relations et fais la coquette

Sûr que tu m’aurais plu et t’aurais présenté volontiers mon …

Mais là, franchement : que tu pues, que tu pues…

 

Ton fumet sort droit de la grande rôtisserie, c’est l’enfer !

A ce prix, mieux vaut  être privée des plaisirs de la chair

Ces senteurs agressent les narines à des lieues à la ronde

Passe-toi à l’eau de Javel et je consentirai à la bagatelle

 

Pour des rapports vraiment fructueux sinon vertueux

Je choisis sans hésiter l’argent qui lui n’a pas d’odeur.

Que tu pues, que tu pues…

 

En attendant, bye bye

Loin d’ici en vitesse je me taille. »

Pour réussir dans les affaires, mieux vaut, dit-on, avoir du nez.

Ce qui ne fut pas favorable au malheureux encorné.

Déconvenue chez les corvidés.

Maître Corbeau sur un arbre perché

Tenait en son bec une solide fringale.

Depuis plusieurs jours, n’ayant rien trouvé

À se glisser dans le gosier, il crevait la dalle.

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Le hasard voulu que sur sa route il repéra une odorante pitance :

lovée dans le nid de sa germaine cousine, une tentante galette

se tenait prête à interrompre la cruelle disette.

Le maraudeur sans pudeur s’en pourlécha les babines par avance

Enrobée d’une dorée appétissante croûte

La galette des Rois valait bien un fromage sans doute.

Une… Deux … Trois… Il piqua.

De la galette de la pie Fanny promptement s’empara

Et au grand dam de la dépossédée l’emporta

Sans plus d’embarras pour en faire son repas.

Que le goulu voleur n’a-t-il pris son temps une fois regagné le logis !

Trop empressé à avaler son larcin, la fève sournoise lui obstrua le conduit.

Ce fut l’immédiate fatale asphyxie.

 

L’adage l’affirme et j’y souscris : bien mal acquis ne profite jamais

J’ajouterai sur cette mort sûre : qui vole la pie, la vie perd.

*** / ***

Sous aucun prétexte vous ne ne manquerez  la version d’Alain Gautron (Le Rêve Bleu)

http://alain.apln-blog.fr

Sur la banquette me faisant face il y avait une place libre.

Dans le rack on range les sacs, dessous à l’emplacement vacant on pose son séant.

Ce qu’elle fit, successivement et logiquement.

 

Nous échangeâmes un impersonnel salut de courtoisie et ce fut tout

Elle – comment la nommer autrement ? – a mis des lunettes sur son nez (évidemment) et ledit nez dans ses dossiers n’a plus levé.

 

Nous nous acheminions, Elle, moi et les autres voyageurs vers la Bourgogne.

Le paysage a défilé, le temps a passé – tout comme le contrôleur.

 

Quand à sa destination elle est arrivée,

Qu’elle fut sur pied, j’ai noté qu’elle chaussait des New Balance tendance

Aussi descendit-elle logiquement, rime oblige, à Sens

– tout comme par ailleurs les dames en Adidas débarquent à Arras

Pour rendre visite à leur cher vieil ami Bidasse

T999 MC 009 (1) Laroche

 J’avais quitté le Puy du Fou où je m’étais procuré de confortables poulaines.

Pour respecter la logique et le jeu des rimes,

j’achevai mon parcours deux stations plus loin, à Migennes.

 

Plus ou moins loin de là, passant sous d’innombrables caténaires,

sur d’autres transversales lignes ferroviaires,

Celles et ceux qui traînent leurs épaisses semelles comme un boulet

S’ils devaient manquer la station de Loué, devront pousser jusqu’en Bresse.

Logique.

 

 

T744  bique

Constatant qu’en ce début de printemps la chèvre montait sur les planches

Le chaman doctement déclara tout en hochant du turban,

Et le menton se tapotant :

« En vérité, je le dis,

les mauvais jours sont derrière nous, enfuis.

Le comportement de cette chèvre est un signe que nous adresse le ciel,

nous tenons enfin le bon bouc. »

Accordons notre confiance au prédicateur

Ce sage, dit-on, jamais ou si peu ne s’égara.

Heureusement car rien n’est plus détestable

Que les errements d’un faux mage de chèvre.