Et que ça saute !

En une semaine pile, pile poil, montre en poche

– attestation délivrée par huissier sans reproche –

le vénérable Monsieur Bon-Dieu créa toutes choses,

en chantonnant, hauts les cœurs, la Vie en Rose.

Il créa créa créa à tour de bras

Méli-mélo mêla lie mêla l’eau

Inventa tout et tout, du vélo au lavabo

et le chrono pour la course sur le haricot.

 

Mais aussi pour le confort à tous les étages le gaz et l’eau

et plein de trucs en a, en i, en u, en o,

en zon comme la tondeuse à gazon et le saucisson

en hic, tels le colchique, le lombric, l’alambic – mais pas la pointe bic,

tout seul, de Là-Haut, tout là-haut, tout cela.

 

Sans négliger, ce qui l’honore, de particulières petites attentions

notamment pour Vénus, si charmante et opulente,

afin de satisfaire à ses nécessités d’échappements et épanchements,

il conçut judicieusement le Pô.

 

Mr. B-D fit tout à la fois la foi, la loi, l’eau, la philo, inventa l’halo, etc.

Le grand âge, la fatigue, il s’emmêla parfois.

Pardonnons-lui alors d’avoir échoué à mollir certains belliqueux mollahs !

 

*** fin ***

Pied à terre !

DR

La pente n’était pas si rude qu’elle justifiât le renoncement, même si l’exercice pouvait s’avérer ardu de pédaler sur une allée empierrée,

A moins que pratiquer l’activité cycliste fut en ces lieux tout bonnement interdite. Tout peut être envisagé.

 

Qu’importe, à pied, donc, elle avait choisi d’aller,

préférant pousser la machine

plutôt que forcer son talent et malmener ses tendons.

 

Surprise d’être découverte en état de faiblesse alors qu’elle pensait l’allée désertée,

elle m’adressa un sourire contrit au passage, comme pour s’excuser.

L’air de dire, pour sauver les apparences :

« C’était trop dur, vous savez. J’espère que vous comprendrez ! »

 

De grâce Mademoiselle, soyez zen, gardez votre sérénité,

je n’ai nullement l’esprit railleur pour préconiser l’emploi du dérailleur

et me garderai d’ajouter mon grain de sel sur le fait que vous délaissiez la selle.

Conservez ce timide sourire

et ne concevez nulle gêne de vous présenter devant moi à la peine

car, entre nous, vous n’êtes pas à la chaîne.

 

Petit rigodon pour un guidon.

Mademoiselle Pied-à-Terre

possède certainement un délicat prénom.

Aussi sûr qu’il y a une sonnette à son guidon.

Ah ! guidon… guidon.

*** fin***

Le saviez-vous ? Le canard est volontiers taquin.

Il adore provoquer ses voisines et voisins.

 

« Bien l’ bonjour les filles ! Permettez-moi de me présenter :

Je suis Benjamin, Benjamin le chaud lapin,

Mesdames et Demoiselles, à votre service pour vous divertir.

 

Évidemment je blague, riez, rions,

d’évidence lapin ne suis point.

Blague dans le coin, au coin du comptoir.

Je suis Edgar le canard, l’as du canular…

 

Pensez à votre réputation. Pour des rieuses vous n’êtes guère joyeuses.

Serait-ce le froid vif qui vous met en ce léthargique état,

vous paralysant pattes, ailes et bien au-delà ?

 

Je réponds présent. Tel le valeureux et intrépide Chevalier Bayard,

je vole à votre secours sur le champ, moi l’exquis Edgar.

Par une de mes fines plaisanteries, je vais illico briser la glace.

Un deux trois. On y va ?

 

Par un leurre, vous vous fîtes piéger

Dramatiquement, vous confondîtes

Miroir aux alouettes et mouroir aux amies mouettes

Hi hi hi ah ah ah, blague dans le coin, coin coin.

Rillettes rillettes, fillettes mouettes, riez riez… »

 

Transies mais l’esprit nullement au ralenti,

elles y allèrent d’une vive répartie :

« Pauvre tocard d’Edgar, grave erreur de ta part,

ici c’est l’amarre au canard. »

 

Et toc ! Pan sur le bec, dans les dents.

Si on peut dire…

Ami ou ennemi, à malin, malin et demi.

 

*** fin ***

 

Hep !

 

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Je suis fatigué

Très fatigué

Fa-ti-gué

Fa-ti-gué

Fa

Ti

Gué

Je vais me coucher

Me cou-cher

Cou

Cher

Je suis allongé

A-llon-gé

Je veux dormir

Dor-mir

Mir

Dormir m’irait

Bientôt je dormirai

Dor-mi-rai

Rai

Silence.

Je m’endors

Dors

Dor

Do

D

Le maître de ballet les uns et unes remercia :

« A tous, merci et à plus tard ! »

Et l’autre rangea dans le placard.

 

A certain déclara : Pleurniche pas, ce n’est qu’un titre « petit rat »

Rien de moins, rien de plus. Retire-moi ce tutu

Et dans la glace jette un œil sur ton versant fessu.

Rassure-toi, d’appendice caudal long et poilu tu es dépourvu. »

 

Petit rat, le cou se tordant, sur le champ constata, de joie sauta.

De queue, effectivement, il n’y avait pas !

 

Finie à jamais l’angoisse de croiser le matois chat.

Petit rat n’était pas un vrai rat.
Rat non pas mais tout bonnement Rat de l’Opéra !

 

« A moi les délicats entrechats et le cha cha cha

Même pas peur du chat cha cha cha

Pas papa rat, pas d’apparat

Rat mais pas rat, pas chat pacha

 

Turlututu en tutu, qui vivra verra

Taratata, Tara rata tata

Ah ! Ça ira, ça ira, ça rira. »

 

La compagnie gracieusement salua

et sur la pointe des pieds fila.

 

 

Sur sa branche perché, le pigeon n’en revenait pas,

ne s’en remettait pas, il n’avait jamais vu ça ! Il en était baba.

« Qui va là ? Que voilà ? Halte-là !

Que vois-je ? Qu’est-ce ? Qu’est-ce là que cet échalas ?

Un authentique squelette tombé dont on ne sait quelle planète,

Assurément venu de perpète…  

 

 

– Cher Monsieur, détrompez-vous, je ne suis pas un squelette.

Je reconnais être certes un peu maigrelette

Même dépourvue de rebondies fesses et de ronds seins,

à y regarder de près, je suis un beau brin de fille néanmoins.

A ma façon particulière, somme toute, une jolie petite gosse

 

Comme je n’étais pas bien grosse, sans bidoche, tout d’écorce,

certains moqueurs m’ont autrefois surnommée Brindille.

Mon vrai nom, c’est Camille.

Plus tard je veux devenir fleuriste.

 

– Naïve maigrichonne, garde-toi d’emprunter la mauvaise voie

Parole d’expérimenté ramier, crois-moi, tu risques de tomber de haut,

Taille et poids, je te l’assure, tu as tout tout tout, tous les atouts

pour être non pas fleuriste mais exceptionnelle fil-de-ferriste.

 

On est là tous les deux, en plein vent, à discuter le bout de gras, et tu as froid.

Je t’offre volontiers pour un instant un toit en t’accueillant chez moi.

J’ai de quoi te distraire aimablement avec moult jeux de société

et lorsque tu en seras lassée, te réchauffer sous un édredon en plumes

Puis, selon l’usage, tu le comprendras, j’userai de mon légitime droit de cuissage.

 

Négligeant sa vocation pour le commerce des fleurs

Brindille outrée par les propositions du monte-en-l’air

sur le champ joua les filles de l’air,

fille fil-de-ferriste à contre-cœur.

 

Ami, la morale retiens :

En chaque chose, il faut considérer la fin

(La Fontaine)

*** fin ***

 

Hep !

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Elle aurait pu se prénommer Irène

La sirène Irène, Irène sirène, ah ! ah ! ah !

Fort heureusement au ridicule elle échappa

Morgane, c’est ainsi que sa maman l’appela.

Ouf !

La belle créature s’ennuyait ferme dans les bas-fonds

Avec pour compagnie les sardines et les thons

Avertie et avisée, prudemment elle évitait celle des maquereaux

Qui ont la fâcheuse réputation de naviguer entre deux eaux.

Remontant un jour en surface, elle vit passer un bateau

Du bout des doigts, 1,2,3,4,5,6,7,8,9… à la coque elle frappa

Intrigué, un beau marinier par le hublot, un œil curieux jeta.

« Holà ! Qu’est-ce là ? Qui va là ?

 

– Matelot, par ce hublot, mate l’eau

Admire mes appas, mate l’eau matelot !

Morgane, la belle sirène, c’est moi.

si tu le veux, je suis toute à toi.

 


DR

– Troublante créature, d’une étonnante constitution,

moitié viande moitié poisson

Je ne saurais répondre à ton aimable proposition

et envisager sereinement l’acte de chair

très chère.

Avec mon respect et mes regrets, tendre Morgane :

Je dois t’avouer que suis vegan. »

La prêtresse de l’Amour dut se faire une raison

Et mettre un bémol à sa passion.

La sirène ne sait nager à contre-courant.

 

*** fin ***

 

Dernière heure.

La sirène éconduite avait pris la fuite, dépitée, le matelot ayant vivement repoussé ses avances, déclarant être résolument adepte du régime végan, ni viande, ni poisson, tout végan… Alors, consommer avec une sirène, il ne fallait pas y songer !

Cependant… Rebondissement. On nous apprend que…

 

Tourna le vent, ainsi le vent va. Le matelot changea d’idée et de cap.

Après tout, à y bien réfléchir, l’occasion était belle, pourquoi la laisser échapper !

A la tentation il céda.

 

Un péremptoire coup de sifflet, hop ! La belle refait surface.

Piquant une tête dans l’eau, l’homme du bateau, un deux trois, plouf ! la rejoint.

L’une et l’un ardents consentants s’unissent dans la chaleur torride du désir.

 

Comment résolurent-ils le problème d’organisation dans l’opération, mystère.

Les amants d’un instant sur leurs aquatiques ébats furent d’une absolue discrétion. Pas de bruit, pas de vague.

Qu’importent, ils le firent.

 

C’est ainsi qu’un jour, plus tard, un beau jour, alleluia,

La sirène fut ravie maman. le marin heureux papa.

 

Naquit de l’union un costaud rejeton que la génitrice habilla illico en matelot.

Le portrait craché du père, tout pour plaire.

Deux bras, deux jambes, doté des indispensables vitaux masculins attributs.

DR

Tout pour plaire, vraiment.
Vraiment ?

Enfin, presque.

Hélas pour lui ! de sa mère, l’enfant hérita d’une fort désagréable odeur de poisson.

 

Le pompon pour un matelot !

 

*** fin ***

« Je crois ! » affirma l’abbé, mains jointes,

yeux levés vers le ciel où loge son dieu, père éternel,

quelque part, on ne sait précisément où,

il y a tellement de place dans l’espace,

L’homme en noir psalmodiait tel le coucou :

« Oui, oui, qu’Il soit béni, je crois, je crois » (etc.)

 

L’écoutant, railleuse et dubitative, une grenouille l’interrogea :

« En quoi, grands dieux, en qui tu crois ?

Coa coa ! » (etc.)

Un corvidé à gros bec, lui aussi de noir vêtu,

un freux assez affreux, le créateur l’avait fabriqué ainsi,

doctement, souvent le veut le port de l’austère habit noir,

s’adressa au païen de batracien :

« Quoi ! il l’a dit et redit, tout comme moi, il croit.

Croa croa ! » (etc.)

 

C’est alors que, miracle, spontanément, une deux trois,

Ils entonnèrent l’hymne à la foi et à la joie.

« Crois, coa, croa » (etc.) 

… ce qui n’entraînera pas automatiquement un passage à l’Olympia.

*** fin ***

 

 

« Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,

le Héron au long bec emmanché d’un long cou. »

Ainsi s’interrogeait Jean de La Fontaine.

 

Le héron errant tournait-il en rond ?

Belle interrogation !

 

« Hé, Jeannot ! – l’apostropha au passage l’impertinent Pierrot –

Ch’ peux t’ refiler un tuyau servi tout chaud par la Maison Poulbot :

Il s’en va retrouver un perdu de vue ancien poteau. »

 

En leur prime jeunesse, arbre et oiseau furent proches voisins

Chacun de modeste condition. A l’origine un œuf, une graine.

Pour le héron, un coup de Papa à Maman

Pour le saule, un coup de vent.

 

Côte à côte, à leur façon, ils avaient grandi.

L’un s’affina, tout fut fin et long chez lui,

l’autre prit, touffu, hauteur, volume et s’épaissit.

 

Au fil du temps, fatalement, leurs voies avaient bifurquées.

Le saule, trapu et feuillu, assigné à résidence, figé pour l’éternité,

Le héron, libre de mouvement, parcourant ciel et terre comme le font les ailés.

L’arbre, sagement, prospère et pépère s’était rangé des affaires

L’échassier pour sa part n’avait eu de cesse de s’envoyer en l’air.

 

Certain jour, sonna l’heure de leurs retrouvailles.

 

Le héron, le géant vert asticota et taquina, même un peu au-delà :

 

« Depuis ce jour où tu as vu le jour

Pas plus d’un pouce que d’un doigt de pied tu n’auras bougé, mon balourd.

N’as-tu jamais dans les jambes ressenti des fourmis, gros engourdi ?

Tu aurais pu voir du pays, te faire des amis et mieux, des petites amies.

Aller loin t’aurait évité cet embonpoint.

Seulement voilà, enraciné, tu n’en fis rien.

Moi, qui suis adepte de l’exercice quotidien,

n’envies-tu pas ce jour ma taille et mon maintien ?

 

– Certes, je suis quelque peu massif côté ramure

Mais qui cela gêne ? Je ne fais pas souffrir outre mesure la nature.

Chez moi, chacun peut trouver gîte et nourriture

Altruiste je suis, nullement égoïste. J’accueille les bouvreuils

et toutes sortes de passeraux, pies et corbeaux, des écureuils

J’offre volontiers mon tronc en support aux plantes grimpantes

qui se désespérent d’être rampantes

Toi, tu vas, tu viens, dans les airs montes et sur terre redescends

L’air supérieur, du matin au soir, indifférent, fier comme Artaban

Reste planté des heures à guetter tes menues proies d’un œil rond

semant la terreur chez les batraciens et la gent poisson.

 

Le divin commandement « Tu ne tueras point » aurais-tu oublié ?

A l’heure du jugement dernier, au soir du grand soir,

À ton avis, qui sera bon à griller dans l’infernale rôtissoire,

pour l’éternité condamné et damné ? 

Penses-y dès aujourd’hui mon cher ami. »

 

C’est alors qu’on retrouve au bon moment le bon JdLF,

– spécialiste reconnu en conclusions –

Rencontre opportune, piquons-lui sans vergogne une citation : 

« Garde-toi, tant que tu vivras,

De juger des gens sur la mine. »

*** fin***

 

Hep !

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 » Le Big Boss veut qu’on fasse des marmots
Chéri, il va falloir dare-dare se mettre au boulot.
Pour respecter le divin règlement, en avant !  »
déclara l’impétueuse et sulfureuse Ève au placide Adam.


 D.R

  » Misère ! j’ai égaré la notice dans le Jardin des Délices !
rétorqua piteusement l’étourdi mari.
Au nom du Père et du fils
Nous ignorons quel orifice fera bon office ?
Qu’est-ce donc là chez moi ces bosses, chez toi tous ces trous ?
Que faire et qu’en faire ? Et nul ici ne peut nous renseigner
Puisque nous sommes les premiers.
Le serpent ment comme un arracheur de dents
Ne nous fions pas à lui pour faire des enfants,
Il nous a déjà valu pas mal d’emmerdements. »

Comment alors devaient-ils procéder pour procréer ?
Vice et versa, au diable la vertu, ils allaient tout essayer.
À l’envers et à l’endroit, de haut en bas, dans tous les sens,
Y compris à contre-sens, pour qu’arrive à bon port la semence.

L’idée leur vint de demander conseil au Saint-Esprit, une fois,
Et de l’histoire de l’humanité ce fut le premier ménage à trois.

A la tâche avec ardeur nos deux béotiens s’attelèrent
Et furent les premiers authentiques pervers sur Terre.

Ainsi Ève enfanta de son Caïn d’aîné de gosse.

Ayant le mode d’emploi, pour la suite, Abel et Cie,

ce fut plus classique, plus rapide et fastoche.   **

Comme l’a énoncé doctement Jean de la Fontaine,
 » Nous devons tout à nos aînés. « 


Dans notre longue histoire, que de fois ils furent copiés !

*** fin ***

* légèrement en avance sur son temps !

** c’est à eux que nous devons la nuit de noces.