dessin de Céline

 

Comme la goutte d’eau qui glisse sur la feuille du tamaris

Une larme perle sur les cils de la tendre Alice.

Ciel ! que ce spectacle est triste.

Après la pluie viendra le beau temps

Même si souvent il se fait attendre longuement.

La larme tombera et éclatera

Le gros chagrin s’envolera.

 

 

« Houla houla houlala, pincez-moi, ouille ouille.

Ça me gratouille bien plus que ça me chatouille

Ça m’ colle franchement une furieuse trouille.

 

Que vois-je en haut, installé chez nous,

Là même où se posaient en paix nos mamans et papas

Il y a quelque chose qui cloche, le monde est devenu fou.

Mais qui c’est celui-là, ce paria, c’ t’oiseau là ?

Il vient d’où ? d’Afrique, d’Asie ou je ne sais où ?

Un de Tombouctou, un Bantou, un Zoulou ?

 

Ciel, mais comment peut-on être si noir

Un véritable cauchemar, à n’y pas croire.

Ce qui est certain, c’est qu’il n’est pas d’ cheu nous,

Rentrez vite les enfants, méfions-nous. »

 

Désignant un merle, ainsi s’adressait une tourterelle à ses compagnes

Rassemblées sur un arbre, sur la place d’un village de campagne.

Interrogeons-nous.

 

En quoi donc seraient-elles ces donzelles supérieures au fantastique siffleur

elles qui ne savent du matin au soir que sur deux notes sans moduler roucouler

Supérieures simplement par et pour leur couleur ?

Ce sont des idées d’un temps révolu qui méritent un bon coup de pied au c…

Aux propos racistes et à la xénophobie, nous devons fermement nous opposer

Et ne plus les écou…

crou crou crou crou crou crou crou crou

écouter

Blanc ou noir, noir ou blanc

Siffleur ou roucouleur

LCL ou Crédit Agricole

Confiture de groseilles ou cassis

Radis noir ou radis blanc

Vous ou moi…

Qui est le meilleur ?

Quel est le meilleur ?

Quelle est la meilleure ?

Où vont vos préférences dans les différences

Dans nos différences ?

*** fin ***

Hep !

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Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

Ô douleur ! Ô douleur ! Le Temps mange la vie…

Charles Baudelaire.

 

Elle attend

Elle attend

Sous le regard indifférent de Benicio del Toro.

Quoi ? L’heure de l’apéro ? Le dernier métro ?

Elle attend

Mais qui, qui ?

Son chéri, une amie, un ami,

Un parent, un amant ?

Seule, dans la grande salle désertée

Son café est depuis longtemps terminé

Le temps s’est arrêté.

Elle attend.

Elle attend

Sans faire le moindre mouvement

Elle attend, tout simplement.

Elle attend qui ?

Le Père, le Fils, le Saint-Esprit,

La prochaine pluie ?

Sans l’avoir appris,

Je suis reparti.

Il pleuvait quand je suis sorti.

 

 

*** fin ***

De tous côtés il ne s’agissait que de cela :
La dramatique chute du pouvoir d’achat.
Le moral était au niveau le plus bas.

Dans les départements limitrophes
Régnait un climat de catastrophe.

Sa voisine, sa fragile cousine l’Indre
Ne cessait de se plaindre et de geindre.
Le voisin, son cousin le petit Loir, par désespoir
Tel l’amoureux éconduit, venait de se jeter dans la Loire.

Ces lamentations, ces récriminations, tous ces sanglots,
De ce climat morose, il eut bientôt plein le dos.
Alors, abattu, lassé de ce sinistre concert
Le Cher renonça à lutter contre la vie chère *
Abandonnant lâchement son partenaire, le combatif Leclerc
– puisque c’est lui qui le dit, il ne saurait être mieux servi –

Dans ces conditions, pour lui et les autres rivières,
Comme il n’était plus question de faire bonne chère.
Débordant de chagrin de ses hospitalières rives,
Il nous offrit le triste spectacle de ses dérives.

Ce qui ne régla pas le problème de fond.

 

* chacun sait que le Cher est faible.

Grâces vous soient rendues. Merci Dame Nature si généreuse

Merci de nous offrir pour paître en paix ces prairies herbeuses

Où tout un chacun acquiert des formes harmonieuses

Où les vaches deviennent langoureuses

Et les puissants mâles sentent monter en eux des ardeurs prometteuses

Familles nombreuses

Familles heureuses.

Roméo le taureau posait complaisamment pour la photo.

pour ne pas être inquiété il avait convié Juliette au titre de la préconisée parité

une Juliette qui n’était évidemment pas la mère unique de la marmaille rassemblée.

Le taureau est naturellement partageur en la demeure

à honorer l’ensemble des dames du harem il y va volontiers de bon cœur.

 

« Comment ne pas être fier de ma progéniture,

Voyez-moi ce blanc troupeau, comme il a fière allure

Tout autour de moi mes veaux, à gauche, à droite, mes veaux

Des veaux des veaux des veaux

Et devant eux de la perspective de belles années

à pâturer à satiété, pour encore et toujours plus profiter et engraisser.

Ils sont ma fierté, foi de bovidé.

 

Je vais vous les présenter, chacun a son nom bien à lui :

Veau Doux,

Veau Banc,

Veau Lent,

Veau Lierre,

Veau Luptué, amateur de plaisirs variés

Veau Lontier, affable et disponible

Veau Lumineux, bien en chair

Veau Tour,

Et Veau Laid-Baissé (celui qui se tient à l’arrière et qu’on aperçoit à peine) »

………

Calculette en mains, l’éleveur qui les observait,

dans son approche différemment appréciait.

 

« Par ici la galette, je vais arrondir mon magot.

Des veaux des veaux des veaux

À point, bons pour la fourchette et le couteau.

Tout cela représente beaux et bons kilos

Découpés bientôt en morceaux plus ou moins gros, avec ou sans os :

Tendrons, côtelettes, escalopes, épaules et pieds, fraises, ris, têtes, cuisseaux,

Voilà qui à la foire prochaine va me rapporter un joli paquet d’euros !

Il m’en restera encore pas mal après impôts… »

 

L’avenir est une loterie

On peut le voir avec une lorgnette

À condition de regarder par le bon bout.

*** fin ***

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dessin de Séleine.

 

Un pou voyou causait ici et là bien des préjudices
Se payant la tête des autres très volontiers
tout en profitant honteusement de ses hôtes sans se gratter.

L’avait à l’œil une poulette de la police
qui, un jour, enfin, parvint à le serrer aux pattes.

Le juge expédia le coupable en prison sur le Mont Chauve
Où cessant de crâner il se fit comme on dit des cheveux.

Pendant que le pou purgeait sa peine
Poulette, devoir accompli, retourna tranquillement casser la graine.

 Un grand saule pleureur se tordait de douleur,
depuis quelque temps virant au franc pleurnicheur.

Mais pour quelle raison gémissait ainsi l’hypocondriaque ?

Sous lui ce n’était qu’une énorme flaque,
depuis qu’à sa barbe et à son nez on avait enlevé sa dulcinée,
une tendre compagne qui l’emplissait de félicité.

Saule seul.

D’icelle, menuisiers et ébénistes, d’authentiques dég…
avait transformé la douce Saulette en armoire à glace.

Pauvre arbre solitaire, son ange de douceur
affichait désormais une carrure de déménageur.

On peut avoir l’esprit large mais aussi
comprendre sa douleur.

 

En sortant de l’école nous avons rencontré…

Cela démarre comme du Prévert

mais on s’arrêtera là !

… rencontré, non pas un chemin de fer,

mais un chat reposant paisiblement dans un pot en fer.

photo Y.G

 

” Faisons la fête en cette paix retrouvée.

Le chat dort, il ne va pas nous pourchasser et croquer

Prenez chacun votre voisin par la main, gais compagnons,

formons une joyeuse ronde autour du chaudron.” 

Les grignoteuses de se le dire,

le cercle, ravies, elles firent.

 

Les souris de l’école du parc de Montsouris

Ma souris, Montsouris,

Mes souris.

Missouri.

 

La la la

La la la

Tralalalalère

 

De tourner bruyamment autour du pot

En lançant au dormeur de provocants jeux de mots.

Le chat pitre

Le chat pot

Le chat poté

Le chat piteau

Passons passons, je vous prie,

bien que les rongeuses ne soient dénuées d’esprit.

La danse enfantine éveilla le chat

Ouvrant alors un œil, il gronda et menaça :

« En voilà des manières, scélérates bestioles !

Que vous enseigne-t-on à l’école ?

Craignez le chat sinon gare aux torgnoles !

Je suis ici désormais chez moi. Home sweet home.

Du balai, les mômes.

Petites têtes d’étourdies,

gardez-vous d’oublier que j’ai au réveil un féroce appétit.»

Ce fut l’immédiate débandade des souris.

Son sommeil tranquillement le chat reprit.

Ordre rétabli.

Ici comme à Varsovie.

*** fin ***

 

Hep !

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Océanique, oceanique.eklablog.com.

Bien qu’absentes fussent la rude bure et la tonsure
d’un saint homme il épousait sciemment l’allure.
On aurait pu s’y tromper,
tant il souhaitait nous berner.

De noir vêtu, digne, il progressait à petits pas
Tout en psalmodiant : “Je croa, croa, croa.”
Les apparences trompent, c’était un corbeau
Qui désirait qu’on le prit pour ce qu’il n’était pas.*

Pas plus que l’habit fait le moine
L’échoppe le pieux pope
La pipe le papa du pape
La méthode Coué ne fera du corvidé un curé.

* histoire de se faire une bonne réputation.
Mais les ordres, était-ce là le bon choix ?

 

Pommes d’arrosoir, pommes de douche, d’Adam, de pin,
Passez de suite votre chemin ou je lâche les chiens
Que vous vous teniez décemment hors champ,
Quant aux autres, les vraies, croquez la vie à belles dents.

La rainette dans sa tête rêvait d’opérette
La chantecler bonne fille donna le la pour lui plaire.
Celle d’api, un jour proche, espère visiter Capri
Pour s’assurer que ce n’est pas du tout fini.

Leur fruste cousine de paysanne elle se pâme
À la seule évocation de se rendre à Paname
Et une pomme pâmée est absolument ravie,
Tout autant que le Loulou évoquant la Poméranie.

Vous et toutes les autres : Rêvez, rêvez !

Quand tu me prends dans tes bras
Tu me parles tout bas, la la la la…
Il faut peu de chose pour voir la vie en rose
et s’en trouver tout chose.

« Pom pom pom pom »
Fredonnait, inspiré, Beethoven au seul souvenir
du goût délicat d’une golden croquée avec volupté.

*** ***