« Dis M’man, regarde, la drôle de bête à deux dos.

Que font-ils dans cette position les deux escargots ?

On dirait que c’est bien plus qu’un baveux bisou

Ils sont franchement dégoûtants, dis M’man !

 

Tu crois qu’ils sont amoureux, qu’ils feront des enfants ?

M’man, est-ce bien cela qu’on appelle l’accouplement

comme pour toi et Papa dans la chambre de l’appartement ? »

Maman se trouva en grand embarras, on le conçoit.

« Mes enfants, ce n’est pas aussi simple que cela,

Eux et nous sommes différents dans les ébats et leurs résultats.

 

Les gastéropodes se livrent à l’acte en silence

Tout en demeurant pudiquement dans leurs coquilles

Nous nous sommes souvent bruyants

On retire nos vêtements, on se déshabille.

Ensuite, quand c’est fini, on se lave

Eux, avant, pendant, après, ils bavent.

 

Ensuite ils pondront des œufs gluants en quantité

alors que les humains auront quelque fois des bébés.

 

Pour le reste, passons sur les détails, on verra plus tard.

A l’instant, vous qui êtes encore à l’âge tendre,

contentez-vous de la version de la rose et du chou.

 

Tout vient à point qui sait attendre, peu ou prou.

Chaque chose en son temps. »

*** fin ***

Je m’étais promis de

Je vous avais promis de

Promis une histoire prenante

Franchement haletante

J’y réfléchissais très fort

Le fond, la forme, la chute

Tout

Que ce soit – hop hop ! – bien enlevé.

Et puis boum !

L’inattention d’un moment

Je suis rentrée dans le platane

Pfft, l’histoire envolée

Le gros trou de mémoire

Le trou noir.

Alors pour l’histoire

C’est une autre histoire…

On verra plus tard

Pour un autre soir…

*** fin ***

 

 

 

Hep !

 

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Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

 

 

 

Voici l’histoire de Juliette et Roméo chez les escargots.

Une histoire sans queue ni tête, et de leur part sans paroles.

C’était il n’y a guère, disons hier,

que chemin faisant, à leur manière, tranquillement,

à l’enterrement d’une feuille morte se rendant,

deux escargots de croisèrent dans un pré vert.

Surpris, les sourcils froncèrent, se dévisagèrent, se jaugèrent,

– ce qui, on le conçoit quand on sait où se nichent leurs yeux,

prit un certain temps –

s’apprécièrent, au diable les manières, s’enlacèrent

et sans un mot hardiment copulèrent,

puis l’heure avançant se séparèrent.

Pas un seul « c’était bon », « c’était vraiment bien ».

Chacun poursuivit son bout de chemin.

Tout est bien qui finit bien.

 

Les bigots évidemment s’offusquèrent

au spectacle de cette œuvre de chair en plein-air

et de crier, selon l’usage, haro sur la très reprochable future fille-mère.

*** fin ***

 

Escargot qui bave au sol et y colle

Jamais de terre vers les airs ne décolle

Et cela le désole

 

Qu’il se console !

On l’apprend à l’école que seul le benêt vole.

Ce qui ne mérite pas pour autant auréole.

*** fin ***

 

 

 photo Y. Gautron

 

L’épouse par le passé moult fois bafouée avait quelques revanches à prendre

– les coqs, c’est bien connu, ne sont pas des modèles de fidélité.

« Hé ! coq haut, suffit les cocoricos, tu te crois d’importance,

imaginant pouvoir encore mettre toutes les femelles en transes.

Il est inutile de gonfler exagérément ton plumage,

pauvre ami, prends-en conscience, tu n’es plus en âge.

Coq louche tu es, plus du tout coqueluche.

En voilà bien de ta part de l’insouciance.

Tu parades dans la basse-cour fier comme Chanteclerc,

Monsieur joue à l’imposant et prend de grands airs,

prétendant avoir solide bec et toutes tes dents.

Il est pourtant loin derrière toi le temps où tu troussais les croupions.

 

Terminées les folles galipettes Monsieur qui joue l’important !

Aujourd’hui tu ne saurais pas même fichu de reconnaître tes enfants

Sur qui  tu n’as jamais veillé, que tu n’as pas su éduquer, protéger. *

Qu’ils soient brouillés, à la coque ou dans une omelette.

Mon pauvre vieux, il est temps que tu songes à porter des lunettes. »

Sur ce elle s’éloigna, fredonnant une guillerette chanson

en guise d’ultime provocation :

« Viens Poupoule, viens !

Quand j’entends des chansons

Ça m’rend tout polisson… »

*** fin ***

 

 

* « Hélas on sait que de tout temps,

Les petits ont pâti des sottises des grands. »

 

La Fontaine

Les deux Taureaux et la Grenouille.

 

 

Hep !

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Tout le charme de l’Extrême-Orient se reflétait sur son petit écran.

 

« Ciel ! mais que je suis belle. », constata-t-elle.

Satisfaite, elle entonna une aimable ritournelle :

« Comme je m’aime, comme je m’aime.

Et je veux qu’on m’aime, tout autant que je m’aime. »

 

Ayant appris naguère dans les livres sacrés

que les dieux aidaient volontiers les désemparées,

opportuniste, elle leur adressa une pressante requête :

« Dieux du Ciel, accordez-moi votre divin concours.

Que mon vœu soit exaucé si possible dès ce jour. »

 

La céleste compagnie, désigna un des leurs, fort réputé,

– dans un milieu hélas ! d’une déplorable qualité acoustique –

pour satisfaire au mieux et au plus vite la charmante Asiatique

 

Elle s’aime !

Elle veut qu’on l’aime ?

Il n’y a pas de problème !

 

« Ma chère enfant, message reçu, nous t’avons entendue.

Je t’en assure, on va t’aimer, tu seras aimée,

toi qui est belle à croquer, je le veux, nous le voulons,

tu veux qu’on t’aime, soit, tu seras nem. »

 

Il le fit. Elle le fut.

 

Dans le souci du travail bien fait, le dieu l’interrogea :

« Alors, satisfaite ? »

La réponse ne se fit pas attendre :

«  Quoi ! ll n’y a donc plus qu’en Darty qu’on puisse faire confiance,

Vous, les Éminents, vous m’avez bel et bien roulée. » 

 

*** fin ***

et aujourd’hui consulter exceptionnellement une version particulière de ce texte sur le thème de La Beauté sur le Blog Le Réveil (Over Blog) sous le lien www.lereveil.info

 

Si vous aviez pu voir… Si vous aviez pu voir…
… Voir comme il se languissait dans son Paradis
sans compagne, sans compagnon, sans compagnie !

Dans les jardins de l’Eden, notre père Adam tournait en rond.
Indéniablement quelque chose clochait, quelqu’un manquait.
Allez savoir : une ou un, mais quoi, mais qui, cela il l’ignorait.
Comment l’aurait-il su, lui, premier homme, novice en tout domaine.

Au coin du bois, il fut un jour brusquement surpris.
L’âge venu, une taraudante sève en lui montait.
Qu’était-ce donc que ce membre qui grossissait ?
Que faire, avec qui, avec quoi, un, une, avec lui ?

Faute de Maman, il n’avait pas reçu d’éducation sexuelle
et son suprême géniteur avait négligé sur le sujet l’essentiel…

A ses lamentations et longs sanglots
répondit un lointain écho venu de très haut :

« Que veux-tu ? Juste une aventure ou une liaison qui dure ?
– Je veux une femme pour tenir le ménage, docile et bonne au lit.
Une bien vigoureuse, courageuse, pas le genre tire-au-flanc. *
Y a-t-il parmi vous un dieu avisé qui saura me sortir de l’embarras. »

Pendant son profond sommeil dans le Jardin des Merveilles,
lestement, au couteau, un dépêché céleste lui ouvrit le flanc.
C’est ainsi que d’un morceau divinement prélevé naquit Ève.

DR

A son réveil, considérant la sanguinolente côtelette,
Adam s’écria : « Mazette, cela n’a ni queue ni tête !
Un os court ? Au secours ! Il y a loin de l’Eve à l’Adam…
Dites-moi comment m’y prendre pour l’entreprendre ?

– Attends un peu, n’en fais pas tout un plat, sache faire preuve de patience,
Avant de t’attaquer gaillardement au plat de résistance,
laisse quelque temps raisonnable la viande reposer.
Cela n’en sera que meilleur au moment de consommer. »

*** fin ***

* Il ne croyait pas si bien dire !

 

Si pour entrer dans la carrière

il suffit, selon certain, de traverser la rue.

Pour ouvrir la barrière

la bonne recette serait d’avoir en poche les clés de saint Pierre.

 

Les combines élémentaires, ça marche !

Aussi simple que cela.

Et hop ! Le tour est joué.

*** fin ***

 

Hep !

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Il était une fois un cheval fortement contrarié

d’avoir inopinément déferré.

 

Ciel, quel grand malheur !

 

L’ongulé à sabot unique* se montrait chagrin.

Un fer en moins, dans son métier, tu n’es plus bon à rien,

juste à pointer chez les chômeurs du coin.

 

Redoutant la réforme, d’avoir à dire adieu aux picotins et labours,

il priait : « Quelle âme pieuse m’apportera un providentiel concours ? –

Rien à attendre de Léo Ferré, de ce monde n’étant plus,

tout comme Gaston Deferre, l’un et l’autre, du domaine terrestre exclus.

– Ciel, je t’en supplie, vole à mon secours.

N’y aurait-il vraiment aucun recours ? »

Qui lui répondit :

« Rends-toi clopin-clopant à Clermont-Ferrand,

Ou à Vichy, pour tenter de rencontrer le Maréchal ? »

Trop loin, pour le premier,

trop tard, pour le second. Inutile de l’envisager.

Malheur, grand malheur

pour la brave bête de labour et de labeur.

Découvrant par hasard l’égaré fer, un promeneur s’écria :

« Il se dit que cela porte bonheur ! 

Merci, Seigneur. »

s’en empara, l’empocha, puis tranquillement s’éloigna.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, énonce-t-on doctement.

Il suffit aux autres d’être providentiellement au bon endroit au bon moment.

Quant aux uns, qu’ils consentent à se résigner dignement

en attendant un plus favorable événement,

tout en conservant un fair play séant.

Patience et longueur de temps…

 

* C’est du cheval qu’il s’agit.

 

*** fin ***

N I ni, entre elle et moi, il n’y aurait plus de bavardages ?

Quid de nos persiflages sur le proche voisinage ?

 

En vérité, en vérité, je vous le dis, la pie et Bibi

étions vraiment de très chouettes amis.

Jusqu’ici..

 

Elle se pointait sur mon balcon

pour un p’tit bout de conversation.

Nous passions en revue la compagnie.

On disait sur celui-ci ceci,

sur celle-là cela.

Et toc et toc et bla bla bla.

 

Du lundi au samedi *, du monde nous faisions le tour.

On parlait de tout, de guerre et d’amour.

De la pie Fanny j’étais le roi, chaque jour

Pas seulement pour la fève du samedi soir.

 

Un certain samedi elle m’a quitté sur les coups de midi.

Je ne l’ai jamais revue depuis.

 

Sans doute se consacre-t-elle à son nid

à ses petits, à son mari – car elle en a un, pardi !

Aurait-elle fait fi de ses amis,

de Bibi, celui qui présentement se languit ?

 

Contre mauvaise fortune, bon cœur.

Si elle a trouvé un abri, sincèrement je m’en réjouis.

 

J’aurais tellement de peine à savoir ma pie sans lit.

 

*** fin ***

 

* chacun sait – et ne devrait pas ignorer – que le dimanche est consacré au Seigneur