Maître héron au long bec emmanché d’un long cou, etc.

Le fervent émule d’Ésope, l’a écrit et décrit :

Cessons l’énumération ; chez le héron, de bas en haut, tout est long,

tenait fermement entre ses pattes un fromage tout rond,

dérobé il y avait peu dans une ferme de proche voisinage.

 

Avertissement :

Il arrive qu’on se mélange dans les fables du célèbre Jean, homme à fables affable.

 

Ce héron, dis-je, examinant son butin, s’interrogeait,

dubitatif devant l’inconnue et surprenante capture,

pour un volatile de son genre, si peu coutumière.

 

D’un fromage, que faire, qu’en faire, qu’allait-il faire de cela, de ceci ?

La pâte malaisée à becqueter ne se prêtait guère à satisfaire ainsi son appétit !

 

Un renard en maraude dans les parages, proposa de le tirer d’embarras :

« Mais cher ami, que fabriques-tu là avec ce frometon,

toi qui apprécies tant les menues bestioles, colimaçons et poissons ?

Reconnais que ce n’est point nourriture pour la gent de ton nom !

Ce fromage ? Dis-moi, qu’est-ce donc, je suis en absolue confusion,

Au fait , doit-on dire reblechon ou reblochon ? Telle est la question ! »

 

L’emplumé haut perché, perplexe, se gratta le menton

– Il semblerait que cela aide amplement à la réflexion –

Que pouvait–il en savoir lui le piètre expert en matière fromagère

Imprudemment il en lâcha sa proie.

 

D’un bond, le rusé s’en empara, détala et illico s’en régala.

Salut la compagnie !

 

Le dupé, avec un temps de retard, jura mais un peu tard,

qu’au jeu des devinettes on ne l’y prendrait jamais plus,

que désormais, il vérifierait de plus près l’appellation,

et trouverait la paix judicieusement dans le choix du port-salut.

De sa mésaventure, héron avait retenu la leçon : à bon entendeur, salut !

.… fin .…

 

Malgré la profusion d’avertissements

nous ne nous montrons jamais suffisamment méfiants

ni assez prudents.

 

Pourtant dûment avertis nous le sommes, depuis belle lurette :

Ne laissez pas les enfants jouer avec des allumettes,

ni DSK approcher de trop près les soubrettes,

gardez-vous de confier l’auxiliaire être à Hamlet. Etc.

Ce ne sont pas aimables sornettes !

 

Pour ma part, j’y ajouterais, qu’on me le permette :

Méfiez-vous des ingénieurs qui se relâchent dans leurs inventions,

le bon sens voudrait que soit mieux guidées leurs manipulations.

 

Allez savoir comment s’y prit l’un d’eux, le dénommé Gustave Eiffel,

qui, s’étant approvisionné chez Ikéa en ferraille et petit matériel,

s’imagina que c’était jeu d’enfant de suivre les instructions de montage

pour dresser les doigts dans le nez haute tour à plusieurs étages.

 

Élémentaire mon cher : un fer, plus un fer et encore un fer

Et c’est gagné, dix de der.

photo Y. Gautron (Saint Paul de Vence)

Résultat des courses : Il s’est joué et m’a joué un vilain tour* l’as du Meccano

en se mélangeant joliment les pinceaux !

 

Admirez le travail : je suis un surprenant cheval tout de fers mal assemblés,

incapable en l’état de prétendre un jour officier honorablement dans un haras.

Adieu les viriles saillies, l’espérée prolifique carrière d’étalon, sûr, je n’aurai pas.

 

« Dans la vie faut pas s’en faire »

chanta Maurice Chevalier – le bien nommé ! – naguère.

L’homme au canotier aurait mieux fait de se taire.

*** fin ***

  • Si vous m’autorisez cet à-peu-près.

Hep !

 

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Pipelettes, deux bicyclettes sur le trottoir

auraient bien voulu connaître le fin mot de l’histoire.

Pour les biclous, une histoire de fou,

une à dormir debout.

Là, énigmatique, sous leur nez, sous leurs yeux,

Un dessin mystérieux…

Un blanc vélo figé sur la chaussée devant le Verre Volé !

Qu’est-ce donc ?

se questionnèrent les machines à bidons et guidons.

« Moi, cousine, je penche pour un ange

l’immaculée créature étrange.

– Non, plutôt, peut-être, certainement un … répliqua interpellée

dont l’hypothèse avant d’être exprimée fut d’autorité rejetée

par celui qui ne pouvait s’empêcher de ramener son grain de selle.

Y a aucun mystère, je te l’assure, juste d’une peinture

Les anges ça n’existe pas, sauf dans les saintes écritures. »

 

Blanc vélo, vélo blanc, vert vélo, Verre Volé ?

Tout est embrouillé.

Cette silhouette toute blanche

ne serait-ce pas le fantôme de la Dame Blanche

La chérie de feu Fausto Coppi ?

Non.

Pas plus que le fantôme de l’Opéra

qui a à fouetter d’autres chats et petits rats.

Ni couvert de givre et de neige, Paul-Emile Victor

Revenant au port, de retour du Grand Nord.

 

Sûrement pas le fantôme d’Yves Montand et sa chère Paulette

la fille du facteur qui paradait en courte jupette sur sa bicyclette.

Non

Non

Alors qui, alors quoi ?

 

Pourquoi se perdre en vaines conjectures ?

Simplement, sur la chaussée, une urbaine peinture

pour signaler aux impétueux automobilistes

que le couloir à contre-sens est réservé aux cyclistes.

Qu’il faut les respecter, ne pas les renverser,

encore moins les écraser.

Serrons les freins, ne cherchons pas plus loin

Ce n’est nullement un phénomène surnaturel ou divin

Madame Hidalgo, notre maire à tous, aime bien les vélos

Métro, vélo, boulot

et pour les prolos, les bobos, pas de bobos.

*** fin ***

 

En son temps Jean de La Fontaine sans vergogne

s’inspirant fortement du Grec Ésope

– dont on ne sait pas même s’il a réellement existé –

fit parler entre eux animaux, végétaux, animaux,

ce qui peut surprendre.

 

Ainsi, le chêne échangea avec le roseau,

Le féroce loup avec le paisible agneau,

Et, surprise, tout ce petit monde à merveille se comprenait.

En ces temps reculés qu’on peut à juste titre regretter,

Ce n’était point le dialogue de sourds de nos jours entre étrangers.

 

En faisant communiquer un arbre et un oiseau, je prendrai la même liberté ici.

Qui pourra m’en empêcher ? Sûrement pas mon lecteur, friand de fantaisies.

 

Un héron cendré le long d’une rivière errait.

Sur son incertain chemin un arbre il rencontra

Qu’abusivement, je l’avoue, je qualifierai de chêne

En en exagérant la taille volontairement, pour les besoins du récit qui suit.

Au chêne, respectueusement, obséquieux qu’il était, le héron s’adressa :

« Mes respects votre gracieuse Majesté, je passe sur la pointe des pieds,

loin de moi l’idée de vous importuner, vous sachant par vos fonctions fort occupé

Aussi ne vous parlerai-je ni de la pluie ni du beau temps

Car nul n’ignore que votre tan est précieux. »

 

Interpellé condescendant répliqua :

« Je suis sensible à votre civilité

et ne manquerai aucunement d’un sujet m’enquérir de sa bonne santé.

Héron, au val, vous êtes en bonne forme ? »

 

Après ce récit farfelu, pour retrouver une certaine crédibilité,

Une prochaine fois, je narrerai l’histoire

Des pins sots et de l’auguste rat noir.

*** fin***

Nez à nez (?) deux ours tout à la fois mal léchés et embouchés,

– leur mauvais caractère est unanimement reconnu –

tout en se reniflant, s’observaient en chiens de faïence.

On s’étonnera sans vraiment s’étonner de cette performance !

Caractère d’ours vaut assurément caractère de chien.

photo Y. Gautron

« Ben toi, t’es drôlement foncé, dis donc.

Tu as barboté trop longtemps dans la marée noire

ou tu nous remontes tout droit d’une mine de charbon ?

Si ta fourrure affichait un tendre rose

ce serait autre chose, l’apothéose grandiose !

– Ben toi, t’es drôlement blanc, dis donc.

Tu as été enfermé dans un sac de farine ?

Tu serais de la tête à la queue tout bleu

que ce serait autre chose, simplement fabuleux ! »

L’un et l’autre étaient-ils sots !

Des ours roses, des ours bleus,

jamais de mémoire d’homme on n’en rencontra sous nos cieux.

 

Une joyeuse bande d’écoliers passant à leur hauteur

remit sur l’instant leurs pendules à l’heure :

 

« Boudin noir, boudin blanc,

radis noir, radis blanc

Ours noir, ours blanc…

Hep ! Nous sommes tous frères.

Dans nos rangs, il y a de toutes les couleurs,

Des jaunes, des noirs, il y a des blancs, des beurs,

qui cohabitent sans ressentir le moindre désagrément.

Pourquoi n’en feriez-vous pas autant ?

 

Bonjour chez vous et à plus.

Une deux, une deux…

En avant… En avant…

Allons z’enfants

Liberté, Egalité, Fraternité.»

 

*** fin ***

 

 

Hep !

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Le héron glouton, vous vous le rappelez,

estomac vide, cervelle vide, un haut perché écervelé,

tentant d’avaler un gros poisson sous l’œil rond de sa moitié atterrée.

 

 

Et si aujourd’hui nous écoutions et entendions du poisson la version.

 

Où ai-je la tête ! Impossible de lui passer la parole,

ne dit-on pas à juste titre : muet comme une carpe !

Carpe, le poisson l’était ; cependant ici tout est permis,

sa version, par obligation, nous la livrerons en VO.

Rappel : héron glouton avait pour nom Gaston

Gaston, héron, long, glouton, et ron et ron.

Le doté d’ouïes, je ne l’avais pas dit, lui c’était Louis.

Gaston et Louis, oui et non, non et oui, de l’assonance, la tyrannie.

 

Louis en fut surpris. Comment pouvait-on être aussi stupide !

Jamais par là il ne passerait. Il faut mesurer la proie à l’aune du conduit étroit.

Immanquablement, comme il se dit vulgairement, ça coincerait dans le manche.

Mais ainsi, enfin vengeance, des centaines de carpeaux tiendront leur revanche…

 

« Je vais te lui faire un de ces bouchons pas du tout filtrant

qui lui bloquera la circulation pour un bon bout de temps »

Manifestement Louis anticipait l’issue du fatal étouffement.

 

Happy end.

Juste à temps Gaston recracha le morceau,

Louis, illico, fit son retour dans l’eau,

nous quittant sur un mauvais jeu de mots :

« A l’eau, Louis y a. »

 

Soyons indulgents avec les débutants.

*** fin ***

De la pomme devant ses yeux chue,

charitablement Chat déplorait la condition.

Par Jeannot Lapin, avéré grignoteur de trognons,

Api eût été traitée avec infiniment moins de compassion.

photo Y.Gautron

 

« Ma pauvre amie si délicatement rebondie, que faites-vous ici ?

Un brutal coup de vent vous aura fait quitter le douillet nid ?

 

A votre présent désagrément je compatis mais n’en puis.

Telle les émigrés de Roumanie, vous vous trouvez démunie.

En cet état d’incurie, comment espérer assurer votre survie ?

 

Messire Chat, les apparences peuvent être parfois trompeuses.

« Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine. » (J. de La Fontaine)

Apprenez que jusqu’ici j’ai mené une existence prometteuse.

Le pommier m’a nourrie ; protégée des intempéries et des avanies,

j’ai paisiblement grossi et au fil du temps me suis arrondie.

 

Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, m’a enseigné une cousine poire

Me voici certes tombée bas mais à cette heure

D’ici peu, ô bonheur, me rejoindront mes trois sœurs.

 

Ce soir, gala à l’Opéra, de la saison le grand événement :

Sous le feu des projecteurs, réunies, toutes en chœur,

nous ferons l’ouverture de la Cinquième Symphonie de Beethoven.

 

POM POM POM POM

 

(Les voilà, nous y voilà ! c’est à nous les filles)

 

Pomme pomme pomme pomme

Pomme pomme pomme pomme

 

Envoyez la musique !

 

Et nous vivrons ce moment dans un fraternel grand bonheur.

 

En toute chose il faut considérer la fin. (J de La Fontaine, encore lui !)

 

Api end

 

*** fin ***

Hep !

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Mais voyons, vous ne m’auriez pas reconnue,

cependant je suis réputée et honorée !

Il y a longtemps, je me suis fait voir par les Grecs, par les Romains

Ah non ! Je ne passais pas inaperçue : Aphrodite ou Vénus, au choix,

la déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté.

Très admirée, unanimement courtisée, fort convoitée.

C’est moi, Vénus, oui, c’est bien moi

 

Avec Mars – ô le beau guerrier ! – nous nous sommes aimés.

Homère prétendra que notre union fut torridement physique,

Avec Mars je n’ai jamais fauté, je n’ai jamais cédé,

l’amour oui, strictement platonique, lyrique, à l’antique.

Un jour qu’encore une fois je me refusais,

d’écervelée, il m’a traitée ! Vous entendez : Écervelée !

Moi, Vénus, la femme de tête bien plantée…

Cruellement, subitement, Arès me blesse.

Catastrophe, branle-bas de combat.

De dépit les bras m’en sont tombés

De désespoir j’en ai perdu la tête.

 

Mars et ça repart ? Bobard !

Pour recoller les morceaux, il n’y fallait pas compter, tintin.

D’autant que le jaloux Vulcain, mon légitime, veillait d’un œil au grain

et que mon état guère attirant lui convenait plutôt bien.

Dans la tourmente, mon honneur est sauf et l’essentiel préservé :

Malgré la tourmente mes seins sont restés fermes sur leurs positions

et la tunique ajustée n’a rien dévoilé de mon glorieux Parthénon.

Quel que soit l’inconfort de la situation

En toute chose chacun se doit de tirer du bon.

*** fin ***

 

En involontaire émule du célèbre Dagobert

J’avais passé étourdiment mon pyjama à l’envers

Je m’en suis aperçu la nuit dernière

En me grattant machinalement le derrière.

Heureusement que je suis célibataire,

dormant en solitaire dans ma tanière.

Qu’en aurait pensé une partenaire

à l’instant de prendre l’élémentaire position du missionnaire !

 

Vous, lecteurs qui ne manquez ni de bon sens ni de décence,

me conseillerez sans doute de remettre de l’ordre dans mes affaires

avec plus de pertinence.

*** fin ***

Il était une fois…

Les histoires se doivent de commencer ainsi, par le classique « il était une fois », pour ne pas dérouter les jeunes lecteurs, car cette fantaisie leur est dédiée, s’ils consentent à lâcher un instant leurs jeux vidéo à la c…

Reprenons le cours à peine engagé de l’histoire annoncée.

 

Voilà qui peut surprendre mais la pie répondait au nom de Chenette.

Toutes ne s’appellent pas Margot, loin s’en faut.

 

Ce jour-là la pie Chenette était d’humeur capricieuse.

Elle prétextait avoir les ailes en flanelle, les déclaraient douloureuses,

privée des forces essentielles pour efficacement voler à tire-d’ailes

 

Devant rendre visite courtoise à une amie voisine, la bavarde pie Pelette,

il lui fallait recourir au plus vite et au mieux à un moyen de locomotion,

rapide et peu onéreux, car elle était pressée et passablement fauchée.

 

Pour l’aller, elle opta logiquement pour une solution au pis-aller,

et jeta son dévolu sur un âne du Berry

qui broutait paisiblement dans l’immédiate prairie.

Ce n’était certes pas l’équipage le plus glorieux ni le plus rapide

mais faute de grive, même le merle doit composer avec ce qu’il a …

Mais pour revenir au nid, comment faire ?

Il fallait dès à présent y songer !

La maligne qui a plus d’un tour dans son sac, on le sait,

finira par trouver comment assurer le retour.

A chaque jour suffit sa peine et demain est un autre jour !

Pour le retour, elle ne sera pas prise de court,

elle fera au pis-retour.

 

*** fin ***

 

Hep !

 

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