De la pomme devant ses yeux chue,

charitablement Chat déplorait la condition.

Par Jeannot Lapin, avéré grignoteur de trognons,

Api eût été traitée avec infiniment moins de compassion.

photo Y.Gautron

 

« Ma pauvre amie si délicatement rebondie, que faites-vous ici ?

Un brutal coup de vent vous aura fait quitter le douillet nid ?

 

A votre présent désagrément je compatis mais n’en puis.

Telle les émigrés de Roumanie, vous vous trouvez démunie.

En cet état d’incurie, comment espérer assurer votre survie ?

 

Messire Chat, les apparences peuvent être parfois trompeuses.

« Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine. » (J. de La Fontaine)

Apprenez que jusqu’ici j’ai mené une existence prometteuse.

Le pommier m’a nourrie ; protégée des intempéries et des avanies,

j’ai paisiblement grossi et au fil du temps me suis arrondie.

 

Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, m’a enseigné une cousine poire

Me voici certes tombée bas mais à cette heure

D’ici peu, ô bonheur, me rejoindront mes trois sœurs.

 

Ce soir, gala à l’Opéra, de la saison le grand événement :

Sous le feu des projecteurs, réunies, toutes en chœur,

nous ferons l’ouverture de la Cinquième Symphonie de Beethoven.

 

POM POM POM POM

 

(Les voilà, nous y voilà ! c’est à nous les filles)

 

Pomme pomme pomme pomme

Pomme pomme pomme pomme

 

Envoyez la musique !

 

Et nous vivrons ce moment dans un fraternel grand bonheur.

 

En toute chose il faut considérer la fin. (J de La Fontaine, encore lui !)

 

Api end

 

*** fin ***

Hep !

Précipitez-vous sur les versions de mes excellents associés :

Alain Gautron, le Rêve Bleualain-apln-blog.fr

Océanique, oceanique.eklablog.com.

 

15. juin 2019 · 8 commentaires · Catégories: Petitalan, photos · Tags: , ,

12. juin 2019 · 2 commentaires · Catégories: Petitalan, photos · Tags:

Mais voyons, vous ne m’auriez pas reconnue,

cependant je suis réputée et honorée !

Il y a longtemps, je me suis fait voir par les Grecs, par les Romains

Ah non ! Je ne passais pas inaperçue : Aphrodite ou Vénus, au choix,

la déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté.

Très admirée, unanimement courtisée, fort convoitée.

C’est moi, Vénus, oui, c’est bien moi

 

Avec Mars – ô le beau guerrier ! – nous nous sommes aimés.

Homère prétendra que notre union fut torridement physique,

Avec Mars je n’ai jamais fauté, je n’ai jamais cédé,

l’amour oui, strictement platonique, lyrique, à l’antique.

Un jour qu’encore une fois je me refusais,

d’écervelée, il m’a traitée ! Vous entendez : Écervelée !

Moi, Vénus, la femme de tête bien plantée…

Cruellement, subitement, Arès me blesse.

Catastrophe, branle-bas de combat.

De dépit les bras m’en sont tombés

De désespoir j’en ai perdu la tête.

 

Mars et ça repart ? Bobard !

Pour recoller les morceaux, il n’y fallait pas compter, tintin.

D’autant que le jaloux Vulcain, mon légitime, veillait d’un œil au grain

et que mon état guère attirant lui convenait plutôt bien.

Dans la tourmente, mon honneur est sauf et l’essentiel préservé :

Malgré la tourmente mes seins sont restés fermes sur leurs positions

et la tunique ajustée n’a rien dévoilé de mon glorieux Parthénon.

Quel que soit l’inconfort de la situation

En toute chose chacun se doit de tirer du bon.

*** fin ***