En son temps Jean de La Fontaine sans vergogne

s’inspirant fortement du Grec Ésope

– dont on ne sait pas même s’il a réellement existé –

fit parler entre eux animaux, végétaux, animaux,

ce qui peut surprendre.

 

Ainsi, le chêne échangea avec le roseau,

Le féroce loup avec le paisible agneau,

Et, surprise, tout ce petit monde à merveille se comprenait.

En ces temps reculés qu’on peut à juste titre regretter,

Ce n’était point le dialogue de sourds de nos jours entre étrangers.

 

En faisant communiquer un arbre et un oiseau, je prendrai la même liberté ici.

Qui pourra m’en empêcher ? Sûrement pas mon lecteur, friand de fantaisies.

 

Un héron cendré le long d’une rivière errait.

Sur son incertain chemin un arbre il rencontra

Qu’abusivement, je l’avoue, je qualifierai de chêne

En en exagérant la taille volontairement, pour les besoins du récit qui suit.

Au chêne, respectueusement, obséquieux qu’il était, le héron s’adressa :

« Mes respects votre gracieuse Majesté, je passe sur la pointe des pieds,

loin de moi l’idée de vous importuner, vous sachant par vos fonctions fort occupé

Aussi ne vous parlerai-je ni de la pluie ni du beau temps

Car nul n’ignore que votre tan est précieux. »

 

Interpellé condescendant répliqua :

« Je suis sensible à votre civilité

et ne manquerai aucunement d’un sujet m’enquérir de sa bonne santé.

Héron, au val, vous êtes en bonne forme ? »

 

Après ce récit farfelu, pour retrouver une certaine crédibilité,

Une prochaine fois, je narrerai l’histoire

Des pins sots et de l’auguste rat noir.

*** fin***